Impossible de passer à côté: à même pas 18 ans (elle les aura en décembre), l'Américaine Billie Eilish est la nouvelle sensation pop du moment. Elle affole le buzzomètre et les réseaux sociaux depuis un peu plus d'un an. Une teenage star d'un genre un peu à part, troquant les poses selfie glamour et flashy pour un univers emo-gothique net...

Impossible de passer à côté: à même pas 18 ans (elle les aura en décembre), l'Américaine Billie Eilish est la nouvelle sensation pop du moment. Elle affole le buzzomètre et les réseaux sociaux depuis un peu plus d'un an. Une teenage star d'un genre un peu à part, troquant les poses selfie glamour et flashy pour un univers emo-gothique nettement plus dark. Un peu comme si Eilish s'était mise en tête de raconter la face sombre de l'utopie millenials. Autant dire qu'après une série de singles, son premier album était donc attendu au tournant -même si elle fait semblant de s'en moquer en intro ( "This is THE album", annonce-t-elle avant de partir dans un grand rire, comme si elle était la dernière à en cerner les enjeux). De fait, When We All Fall Asleep... est déjà extrêmement maîtrisé. Voire cadenassé? Si Billie Eilish sait manifestement où elle va, elle réussit heureusement à ne pas non plus éteindre tout suspense. Issue d'une famille d'artistes (ses parents sont comédiens et musiciens), travaillant en étroite collaboration avec son frère aîné, Finneas O'Connell, Billie a aussi eu le temps de comprendre que son parcours et son esthétique très travaillée pouvaient paraître sinon suspects, en tout cas sujets à méfiance: est-elle autre chose que la rencontre entre Lorde et Nine Inch Nails, un mix marketing très travaillé entre pop ( Wish You Were Gay) et déglingue électro ( Bury a Friend, You Should See Me in a Crown)? Pas forcément. Mais Billie Eilish arrive à rendre ce postulat non seulement crédible, mais intrigant, voire passionnant. Le charme de When We All Fall Asleep... s'avérant aussi tordu qu'instantané.