"Au départ, il y a ce constat général: le mouvement des jeunes vers la culture n'est pas toujours aisé, ne va pas de soi. Plus concrètement, à l'Arenberg, on note que les jeunes qui viennent voir des films le font majoritairement dans un cadre scolaire. On a beau leur tendre des perches, les inciter à revenir, ça ne change pas grand-chose. Est-ce simplement parce qu'ils ne vont pas beaucoup au cinéma, ou parce qu'ils fréquentent d'autres cinémas? On s'est interrogés, et très vite ...

"Au départ, il y a ce constat général: le mouvement des jeunes vers la culture n'est pas toujours aisé, ne va pas de soi. Plus concrètement, à l'Arenberg, on note que les jeunes qui viennent voir des films le font majoritairement dans un cadre scolaire. On a beau leur tendre des perches, les inciter à revenir, ça ne change pas grand-chose. Est-ce simplement parce qu'ils ne vont pas beaucoup au cinéma, ou parce qu'ils fréquentent d'autres cinémas? On s'est interrogés, et très vite s'est dégagée cette idée de créer quelque chose de spécifique pour les ados, mais hors cadre scolaire, dans un esprit d'autogestion, afin de leur ouvrir un espacepropre. On a lancé un appel en janvier. Avec, à la clé, des premières réponses étonnamment formelles, accompagnées de CV, comme pour un job. Et puis, petit à petit, ils ont compris que c'était autre chose. Et là, c'est une espèce de petit collectif, avec déjà une quinzaine de jeunes motivés, qui est en train de se construire... " Au bout du fil: Lola Lapiower, coordinatrice du ZinéGlüb au sein de l'Arenberg, cinéma bruxellois largement orienté Art et Essai. Oui mais le ZinéGlüb, késako? Il s'agit là d'un concept, tout beau tout neuf, de ciné-club par et pour les jeunes, de 15 à 25 ans, fonctionnant de manière quasi autonome -visionnage et sélection des films, conception des outils de promotion (flyers, affiches, logos)-, favorisant l'accès à d'autres films que ceux présentés dans les circuits commerciaux et offrant ainsi l'occasion de vivre et d'échanger de nouvelles expériences à travers le cinéma. " Les multiplexes sont des lieux de consommation du cinéma qui ne donnent pas la possibilité de partager, de se rencontrer, de parler des films", reprend Lola Lapiower. On l'aura compris, si le cinéma fait office ici de détonateur, il est aussi, et peut-être surtout, un prétexte, un tremplin, pour échanger plus largement sur soi, sur le monde. Un mercredi par mois, le Glüb proposera donc une soirée spéciale -ouverte à tous- composée d'un film et d'une activité spécifique autour de celui-ci. Lancement ce mercredi 5 mai, dès 19 h, avec le film Unmade Beds d'Alexis Dos Santos. Après la projection: des bulles, une animation photo et la mise à disposition d'une platine pour que chacun puisse librement y faire tourner ses 45 tours. Qui dit mieux? l ZinéGlüb, soirée de lancement, au cinéma Arenberg, à Bruxelles, le 05/05 à 19h. www.arenberg.beNicolas Clément