Troublante concordance des temps qui amène ce documentaire sur nos écrans, et les réflexions qu'il porte, sous nos fenêtres. Jusqu'en 2011 et le tsunami qui a submergé le littoral nippon et entraîné la catastrophe de Fukushima, Taro Yamamoto était un acteur populaire, ...

Troublante concordance des temps qui amène ce documentaire sur nos écrans, et les réflexions qu'il porte, sous nos fenêtres. Jusqu'en 2011 et le tsunami qui a submergé le littoral nippon et entraîné la catastrophe de Fukushima, Taro Yamamoto était un acteur populaire, qui glissait sur la vague du succès et s'adonnait à sa passion: le surf. Aujourd'hui, il ne met plus un pied dans l'eau, a abandonné son mode de vie hédoniste pour se plonger dans le grand bain de la politique. Son insouciance fracassée par l'inconséquence politique et industrielle qui a minimisé l'impact du sinistre sur l'environnement et la population, il s'est présenté aux élections et a été élu sénateur. Depuis lors, ce rebelle inflexible n'a de cesse de questionner et mettre face à ses responsabilités la société japonaise. Le documentaire belge (co-production du Vlaams Audiovisueel Fonds et du Centre de l'audiovisuel à Bruxelles) signé Alain de Halleux passe par une poésie contemplative nourrie de la voix de Taro expliquant sa prise de conscience et son engagement, pour ensuite le suivre dans son incessant combat, bravant les codes rigides de l'étiquette nippone et tendant un miroir à ce pays qui pourrait être le nôtre. Cette chronique d'un réveil citoyen face aux dangers de l'incurie est un coup de semonce pour nous.