Tout commence par un coup de pistolet. Celui que Bette Davis/Leslie Crosbie décoche à son amant dans le film La Lettre de William Wyler, en 1940. Contexte actuel oblige, la séquence a quelque chose de joui...

Tout commence par un coup de pistolet. Celui que Bette Davis/Leslie Crosbie décoche à son amant dans le film La Lettre de William Wyler, en 1940. Contexte actuel oblige, la séquence a quelque chose de jouissif ou de transgressif, selon. Quoiqu'il en soit, le ton est donné: fallait pas chercher Bette Davis. Avec ses yeux que Kim Carnes a chanté dans son tube de 1981, elle a toisé les caméras, scanné les hommes, envoûté les foules. Ils reflétaient un caractère bien trempé, atypique. Dommage que le documentaire, revue anthologique de ses hauts faits en noir et blanc ou cinémascope, vire parfois en une série de témoignages reliés par le fil d'une enquête "sur les pas de Bette Davis" qui, certes, nous permet d'écouter les anecdotes de la délicieuse Gena Rowlands, entre autres proches, mais nous dit peu de l'actrice vénéneuse de L'Emprise ou de All about Eve. Ce personnage indomptable, l'audace qu'elle a incarnée dans la jungle masculine d'Hollywood, n'en paraissent que plus lointains.