Véronique Bergen ressemble aux héroïnes qui la passionnent. Comme elles, elle est rêveuse, impatiente, hautement désirante et furieusement rebelle aux évidences qui forment la bêtise de leur époque. Qu'il s'agisse de ses romans, de ses recueils de poésie ou de ses essais, celle qui e...

Véronique Bergen ressemble aux héroïnes qui la passionnent. Comme elles, elle est rêveuse, impatiente, hautement désirante et furieusement rebelle aux évidences qui forment la bêtise de leur époque. Qu'il s'agisse de ses romans, de ses recueils de poésie ou de ses essais, celle qui est désormais notre plus flamboyante Académicienne n'a jamais renoncé à ce que l'art soit, comme Nietzsche le voulait de la philosophie, un instrument contondant brandi contre le présent. Lorsqu'elle s'intéresse à Barbarella, l'héroïne sexy inventée par le dessinateur de bande dessinée Jean-Claude Forest puis portée au cinéma par Roger Vadim sous les traits irrésistibles de Jane Fonda, cet engagement, qui est autant littéraire que métaphysique, érotique que politique, se lit dès les premières lignes. Pour Bergen, Barbarella est celle qui incarne la liberté, ouvrant de la sorte un espace aux possibilités infinies. À travers ses aventures de space opera sexy et déluré, elle va même jusqu'à défier les lois régissant le fonctionnement de l'univers. Si elle est une héroïne, dit Bergen, elle est celle d'une " pop'astrophysique" arrivée jusqu'à nous comme les rêves, mi-ironiques, mi-brûlants, d'une avant-garde n'ayant pas fini de nous travailler. C'est en tout cas le cas de Bergen elle-même, elle qui affole les concepts comme Barbarella affolait les étoiles.