Initiative bienvenue, Sony Pictures ressort, ces jours-ci, une poignée de classiques du cinéma hollywoodien des années 80. Parmi ceux-là, Peggy Sue Got Married, de Francis Ford Coppola, et Body Double, de Brian De Palma, deux cinéastes ayant fait leurs armes à l'époque du Nouvel Hollywood, avant de connaître des fortunes diverses. Film de commande intervenant après une série d'échecs commerciaux (le dernier en date étant celui de Cotton Club), Peggy Sue voyait le réalisateur d' Apocalypse Now se livrer à un exercice empreint de délicieuse nostalgie. Tout juste sép...

Initiative bienvenue, Sony Pictures ressort, ces jours-ci, une poignée de classiques du cinéma hollywoodien des années 80. Parmi ceux-là, Peggy Sue Got Married, de Francis Ford Coppola, et Body Double, de Brian De Palma, deux cinéastes ayant fait leurs armes à l'époque du Nouvel Hollywood, avant de connaître des fortunes diverses. Film de commande intervenant après une série d'échecs commerciaux (le dernier en date étant celui de Cotton Club), Peggy Sue voyait le réalisateur d' Apocalypse Now se livrer à un exercice empreint de délicieuse nostalgie. Tout juste séparée de Dingo Charlie (Nicolas Cage), Peggy Sue Kelcher (Kathleen Turner) perd conscience lorsqu'elle est proclamée reine du bal des anciens de son lycée. Et d'émerger 25 ans plus tôt, en 1960, parmi ses camarades de terminale au rang desquels son futur mari, armée de sa connaissance d'un futur qu'elle va dès lors tenter d'infléchir. Le voyage dans le temps a fait l'objet de déclinaisons innombrables. Celui mis en scène par Francis Ford Coppola adopte la forme modeste mais éminemment savoureuse d'une fantaisie ajoutant à son charme de teen comédie vintage une délicate mélancolie, registre dans lequel Kathleen Turner excelle, aux côtés encore de Jim Carrey (dans l'un de ses premiers rôles au cinéma), Joan Allen ou Sofia Coppola (qui prête ses traits à la soeur cadette de l'héroïne). On boude d'autant moins son plaisir que le film a plutôt bien résisté aux outrages du temps, allant jusqu'à inspirer, il y a quelques années à peine, Camille redouble de Noémie Lvovksy... Changement radical de registre avec Body Double, dans lequel, sortant du mémorable Scarface, Brian De Palma rendait un (énième) hommage appuyé à Alfred Hitchcock, citant aussi bien Vertigo que Rear Window, pas moins, tout en conjuguant les thèmes du double et du voyeurisme. Soit l'histoire de Jake Skully (Craig Wasson), acteur de série Z fraîchement débarqué d'un tournage qui, occupant la demeure d'une connaissance (l'impressionnante Chemosphere, à Los Angeles), se pique d'observer au télescope une voisine répétant chaque soir un même manège érotique (Deborah Shelton), occupation qui va l'aspirer dans une intrigue tortueuse. À défaut de surprendre, De Palma emballe l'affaire avec sa virtuosité coutumière, signant un thriller référencé (parfois jusqu'au pastiche) au clinquant vénéneux, non sans offrir à Mélanie Griffith, future Working Girl, l'un de ses rôles emblématiques... Plaisant, mais plutôt daté pour le coup -jusqu'à l'utilisation du Relax de Frankie Goes to Hollywood qui achève de faire du film un pur produit des années 80.