LES ARDENTES

Le Parc Astrid est une pointe de terre avancée sur la Meuse et même si ce morceau de verdure a dû connaître des jours meilleurs -particulièrement le terrain de jeux pour gosses-, il se transforme depuis 2006 en espace rock, partageant ses Ardentes avec les peu glamour Halles des Foires voisines. Plus exotique? La vue sur la rive opposée de Droixhe.
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Le Parc Astrid est une pointe de terre avancée sur la Meuse et même si ce morceau de verdure a dû connaître des jours meilleurs -particulièrement le terrain de jeux pour gosses-, il se transforme depuis 2006 en espace rock, partageant ses Ardentes avec les peu glamour Halles des Foires voisines. Plus exotique? La vue sur la rive opposée de Droixhe. En parcourant les rues voisines de la Plaine de la machine à feu -une succession de champs et de prairies-, on croise pas mal de maisons fatiguées et l'impression d'une Wallonie en quête d'un nouveau souffle. Ville en mutation, d'une taille comparable à celle de Boom (Tomorrowland), Dour va vivre pour la 26e fois au son de la glorieuse cavalerie rock. L'énorme cuvette qui va bientôt accueillir 360 000 festivaliers est un champ bordé de bois, pas loin des rues serrées de Boom, 17 000 habitants au coeur du triangle Anvers-Bruxelles-Malines. Cette proximité a déclenché les plaintes de sept riverains: vu les enjeux financiers et le triomphe de cette Flandre "entrepreneuriale", les plaignants ont été -sans surprise- déboutés.Lorsque CC s'installe sur le site de Tour & Taxis en 1994, ce vaste terrain de Bruxelles-Ville à la lisière de Molenbeek n'est encore qu'un reliquat industriel. Aujourd'hui, bordé par le nouveau building noir de l'IBGE d'un côté et un parc en construction de l'autre, le lieu s'est spectaculairement développé, symbole du renouveau urbanistique du canal: faudra que le festival y défende son espace vital.Ville d'eau et de villégiature, Spa a imaginé au milieu du XVIIIe une "promenade"baptisée Parc de Sept Heures. Hors festival, l'endroit restitue toute la grandeur passée de la localité, surnommée Café de l'Europepar l'Archiduc d'Autriche Joseph II. Vu le nombre de pompes à bière déchaînées sur place les soirs de Francos, c'était bien vu.A deux pas de la frontière française, ce centre de vacances créé par la Mutualité chrétienne est devenu le QG d'un festival inspiré par le modèle hollandais d'Into The Great Wide Open.D'où un public limité (1200 personnes) logeant obligatoirement sur place dans des chambrées ou en camping et une programmation disséminée dans un décor un rien "bayous".Au sud de Bruges, le Minnewaterpark a un petit côté Woodstock, en tout cas pour l'étang aux eaux brunâtres et la végétation ombragée qui permettent d'échapper au cagnard... inégal de l'été belge. A cinq minutes de l'espace qui accueillera bientôt The Afghan Whigs et Massive Attack, on tombe sur d'antiques maisons du XVIIe: charming. Pendant sept siècles, ce site gantois a été le terrain d'un hôpital qui n'a quitté les lieux qu'en 1983. Une partie des bâtiments vintage a été transformée en centre culturel, complété par des édifices contemporains: mémoire, calme et volupté, voilà l'une des plus belles locations festivalières du royaume, parfaite pour la venue d'Agnes Obel. A 200 mètres à peine de la place centrale de Lokeren -où l'église voisine avec la fête foraine durant le festival- se trouve le terrain des Feesten,soit un parking bordant un hall sportif et, cette année, divers travaux voisins. On a un peu de peine à croire que c'est sur ce morceau de bitume sans âme que Neil Young fera exploser le décibelmètre ce 5 août. Lorsqu'on arrive sur place, difficile de ne pas être perturbé par ce plan incliné,ascenseur à bateaux en service depuis 1968. Surtout par ce qui est le plus visible au niveau du sol: la tour qui pointe à 125 mètres, vigie démesurée. Pour sa troisième édition, le festival de Ronquières sera-t-il à la hauteur? TEXTE Philippe Cornet