Comment parler de Little Nemo? Comment parler du premier héros de l'Histoire de la bande dessinée -le jeune garçon que Winsor McCay, chaque dimanche, emmenait au royaume du sommeil dans les pages du New York Herald, puis du New York American? Pourquoi pas par l'autobiographie, demande Pi...

Comment parler de Little Nemo? Comment parler du premier héros de l'Histoire de la bande dessinée -le jeune garçon que Winsor McCay, chaque dimanche, emmenait au royaume du sommeil dans les pages du New York Herald, puis du New York American? Pourquoi pas par l'autobiographie, demande Pierre Pigot. Après s'être intéressé à Mickey Mouse, au manga, à la figure du Kraken ou à l' Ada de Vladimir Nabokov, l'essayiste le plus mystérieux de la pop culture française contemporaine s'est mis dans la peau d'un gamin américain du début du XXe siècle pour pouvoir mieux en dire la magie et la fantasmagorie. Rencontrant en cours de route l'oracle consacré au héros grec Amphiaraos, l'impératrice Eugénie poussant un cri de sidération en découvrant l'opéra dessiné par Charles Garnier pour son époux, les clichés des premiers photographes documentaires états-uniens et même l'oeuvre torturée d'Art Spiegelman, son livre est le récit d'une longue dérive, d'image en image et de vision en vision, qui fait songer autant au Walter Benjamin des pièces radiophoniques qu'à l'Aby Warburg de l' Atlas mnémosyne. À travers elle, Little Nemo reprend vie un moment pour révéler, depuis le lit où il explore Slumberland, les coulisses miroitantes d'une civilisation dont il ne nous reste que le souvenir fasciné -un souvenir qui nous ramène, nous aussi, au seuil d'une enfance s'évanouissant à l'heure du réveil.