OLD BOY / THE CHASER / INFERNAL AFFAIRS. DIST: TWIN PICS.
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OLD BOY / THE CHASER / INFERNAL AFFAIRS. DIST: TWIN PICS. Le récent I Saw The Devil de Kim Jee-woon en a fait la nouvelle et stupéfiante démonstration: en matière de films de genre, l'Asie demeure le continent le plus excitant sur l'échiquier cinématographique mondial. En témoigne encore aujourd'hui ce coffret qui renferme 3 thrillers entretenant de multiples et parfois confondantes correspondances (meurtres au marteau, scènes d'ascenseur cultes, critique féroce des forces de police locales...). Supérieur en tout point à son remake scorsesien ( The Departed, en 2006), Infernal Affairsest signé en 2002 par Andrew Lau et Alan Mak, et suit en parallèle le destin d'un truand infiltré dans la police de Hong Kong et celui d'un policier qui joue les taupes dans la triade que le 1er renseigne. Situations confinant à la schizophrénie quand chacun se retrouve à devoir enquêter sur lui-même alors qu'il tente de démasquer son alter ego: un jeu du chat et de la souris vertigineux à la tension croissante culminant dans un affrontement au sommet. Pour un divertissement de haut vol, prenant un malin plaisir à brouiller les pistes, identitaires notamment, tandis qu'il frise la perfection absolue en matière de pur cinéma de genre. Cette perfection, The Chaser, 1er film réalisé par le Coréen Na Hong-jin en 2008, fait bien plus que l'effleurer au détour d'une histoire certes abracadabrantesque mais traitée avec la plus grande rigueur. Soit, et pour en révéler le moins possible, une chasse à l'homme haletante, complètement dingue et inattendue baignée d'une lumière jaune pisse. Tendre et cruel à la fois, d'une singularité totale et d'une violence d'autant plus percutante qu'elle est perpétrée à l'arme blanche, le film, noir de noir, brille également par son humour paradoxalement désopilant. Un pur bonheur cinéphile. D'arme blanche, et de marteau en particulier, il en est aussi beaucoup question dans le Old Boy du Coréen Park Chan-wook, Grand Prix à Cannes en 2004, et sa scène culte d'arrachage de dents ou son plan-séquence de baston dans un couloir digne du meilleur jeu vidéo. L'intrigue emprunte ses grandes lignes narratives au manga dont il s'inspire, qui voit un père de famille sans histoire se faire kidnapper puis séquestrer durant 15 longues années... avant d'être relâché sans la moindre explication. Autant dire que notre homme a soif de vengeance, même s'il n'est pas, loin de là, au bout de ses surprises... Teintée d'une grandiloquence quasi opératique aux accents tragico-burlesques, une £uvre détonante dont l'avancée ne fera que confirmer le caractère profondément tortueux et barré, pour ne pas dire sadique. Complètement marteau, en effet. NICOLAS CLÉMENT