De prime abord, dans ses premières pages, Les Sauroctones tient de la fantasy: munis d'épées, de haches et de harpons, une poignée d'hommes et d'ados traversent des paysages déserts pour chasser le Tamarro, sorte de ver géant qui fait des ravages dans les villages qu'il traverse. On appelle ces chasseurs de monstres les Sauroctones, et le meilleur d'entre eux se nomme Axel Excel. Mais celui-ci se fait tuer dès les premiers instants. Dans ce monde plein de bestioles, des jeunes portent des casquettes...

De prime abord, dans ses premières pages, Les Sauroctones tient de la fantasy: munis d'épées, de haches et de harpons, une poignée d'hommes et d'ados traversent des paysages déserts pour chasser le Tamarro, sorte de ver géant qui fait des ravages dans les villages qu'il traverse. On appelle ces chasseurs de monstres les Sauroctones, et le meilleur d'entre eux se nomme Axel Excel. Mais celui-ci se fait tuer dès les premiers instants. Dans ce monde plein de bestioles, des jeunes portent des casquettes, leur jeu de cartes favori se joue avec un mélange de cartes du Monopoly, de Trivial Pursuit et de Cluedo, et certains d'entre eux sont des "mutés", comme le jeune Urtsi, parfois garçon, et parfois fille. Ajoutez à tout ça des sectes assoiffées de domination, une mystérieuse fusée, un peu de voyage dans le temps et un récit découpé en épisodes qui s'ouvrent tous par une couverture de style comics qui ne doit rien au hasard, et vous obtenez le premier volet d'une aventure en 232 pages qui brasse très, très large dans la culture populaire, multipliant les références aux films, séries, BD et questions de société de ce début de XXIe siècle. Un monde post-apocalyptique, des mutants, des paradoxes temporels, des insectes géants, une fusée... Et au milieu de toutes ces références rarement associées, un trio de gamins lancés malgré eux dans un récit initiatique, comme si X-Men croisaient The Walking Dead, Mad Max, Retour vers le futur, Last Man et Stand by Me! Le tout mené tambour battant dans un style très jeté (parfois un peu trop), passant d'une page à l'autre d'une ambiance rigolarde au drame pur, avec un ton et des manières qui n'existaient pas il y a encore quelques années. Bref, de la belle ouvrage, très moderne, qui devrait donner à son auteur Erwann Surcouf une nouvelle dimension, lui qu'on avait croisé jusqu'ici dans le collectif Chicou-Chicou ou dans la bande à Thomas Cadène, des Autres Gens à Été-, déjà de la pop culture très contemporaine, parfois pour publication numérique, et qui brassait large tout en renouvelant les genres. Ses Sauroctones se situent dans le même sillon mais creusent encore un peu plus ce mélange d'ultra-modernité et de tradition narrative: ce premier tome, derrière ses références, offre un "vrai" récit d'aventure initiatique qu'on a du mal à lâcher, et dont on attend déjà la suite (et la fin?). Les ados et jeunes adultes de 2020 devraient adorer, il a vraiment été conçu pour eux.