Bruxelles ne cessera jamais de surprendre. À l'image d' Apertum, exposition en plein air totalement inattendue. On la doit à Monumento, un projet global dédié à l'art monumental in situ et au land art développé par Artesio. Artesio? Oui, cette structure privée chargée de développer et de promouvoir des activités et des projets artistiques. Dans un quartier d'Anderlecht où la vie semble s'écouler paisibleme...

Bruxelles ne cessera jamais de surprendre. À l'image d' Apertum, exposition en plein air totalement inattendue. On la doit à Monumento, un projet global dédié à l'art monumental in situ et au land art développé par Artesio. Artesio? Oui, cette structure privée chargée de développer et de promouvoir des activités et des projets artistiques. Dans un quartier d'Anderlecht où la vie semble s'écouler paisiblement derrière les persiennes, on tombe sur ce parc privé accessible tous les jours entre 11 et 18 h. La localisation est inédite, quelque part entre le Ring que l'on entend vrombir, le Westland Shopping et l'une ou l'autre de ces tours d'habitation que les années 70 ont laissé en héritage. D'un tel contexte, on n'attend rien... Pourtant, Apertum agit comme un sas de décompression, une parenthèse méditative. Tous les sens sont mis à contribution, depuis les pieds chatouillés par le joli gazon anglais jusqu'aux oreilles qui s'émeuvent du frêle grincement des Girouettes de Pol Bury. Mais il y a aussi d'autres oeuvres, nombreuses, signées par Wouter Mulier, Rainer Gross, Charlotte Marchal et même Bernar Venet. Tout cela s'offre au doigt et à l'oeil en libre-service. Lors de notre visite, c'est à peine si l'on a croisé une caméra de surveillance. Du coup, c'est un grand sentiment de liberté qui se dégage. On s'émeut de voir ainsi les formes se mêler à la vie. Difficile de résister à l'envie de se poser pour un long moment. Cela vaut la peine car le petit espace vert révèle sa richesse aux bénédictins: des pièces que l'on n'avait pas vues -ce grand mur orné de points noirs qui ne livre sa signification qu'à celui qui lit le braille-, ainsi qu'une impressionnante ménagerie -perruches à collier et lapins paresseux. Sans oublier, cette oeuvre étrange -en est-ce une?- qui n'est pas créditée, à savoir des troncs d'arbres étrangement agencés. Non, décidément, tout cela ne saurait être le fruit du hasard.