"If Only There Was a River"

Il y a des disques comme ça qui partent avec les faveurs des pronostics. Signature sur le label Woodsist de Jeremy Earl, et même plus précisément sur Mare Records, sa succursale confiée à l'oreille experte de Kevin Morby... Pochette avantageuse, avec ce visage de folkeuse sauvage, quelque part entre la Sissy Spacek...

Il y a des disques comme ça qui partent avec les faveurs des pronostics. Signature sur le label Woodsist de Jeremy Earl, et même plus précisément sur Mare Records, sa succursale confiée à l'oreille experte de Kevin Morby... Pochette avantageuse, avec ce visage de folkeuse sauvage, quelque part entre la Sissy Spacek de Badlands, la Vashti Bunyan des années 60, voire une Françoise Hardy... Il y avait tout pour qu'on se laisse charmer par Anna St. Louis. Née et élevée à Kansas City, la plus grande ville du Missouri, St. Louis peignait et chantait dans des groupes punk avant d'apprendre la guitare en autodidacte et d'enregistrer comme tant d'autres ses premières chansons dans sa chambre. Après First Songs, huit titres aux allures de carte de visite, dont elle avait l'an passé fait une cassette, la Californienne d'adoption déballe aujourd'hui un premier album de folk délicat et de mélodies boisées. Produit par Kevin Morby et Kyle Thomas (alias King Tuff), If Only There Was a River se promène sur les berges d'Alela Diane, de Karen Dalton, d'un Ryley Walker, de John Fahey sans jamais boire la tasse ni patauger. Subtilement arrangées, ces onze petites pépites inoffensives en apparence laissent insidieusement agir leurs charmes. Et si la voix d'Anna manque parfois un peu de magie, le finger picking et l'architecture des morceaux finissent toujours par imposer leur évidence. Que l'habillage soit country ou plus moderne ( Freedom). Sans doute l'une des plus talentueuses singers songwriters découvertes cette année.