L'ouvrage est petit (10 centimètres de large et 14 de haut), mais la passion qui s'y inscrit est incommensurable. Il est écrit par Philippe Moins, l'instigateur (avec Doris Cleven) d'un festival Anima qu'il codirigea jusqu'en 2015 avec un enthousiasme des plus contagieux. L'homme peut être fier du travail accompli. Accueilli à sa création dans une atmosphère de lourd scepticisme (il...

L'ouvrage est petit (10 centimètres de large et 14 de haut), mais la passion qui s'y inscrit est incommensurable. Il est écrit par Philippe Moins, l'instigateur (avec Doris Cleven) d'un festival Anima qu'il codirigea jusqu'en 2015 avec un enthousiasme des plus contagieux. L'homme peut être fier du travail accompli. Accueilli à sa création dans une atmosphère de lourd scepticisme (il fallait être "fou" pour croire qu'un festival d'animation pourrait marcher à Bruxelles), Anima connaît depuis plus de trois décennies un succès qui jamais ne s'est démenti. Le bouquin de Moins a dès lors et fort logiquement un aspect festif. Son auteur l'a joliment conçu comme un parcours retraçant les belles années du festival à la lumière de ses affiches successives, toutes créées par une, un ou plusieurs artistes comptant dans le domaine de l'animation et/ou du dessin. Les images défilent donc, signées Patar et Aubier, Philippe Geluck, Florence Miailhe, Ever Meulen, Pascale Malilo, Johan De Moor, François Schuiten ou Lorenzo Mattotti. Les affiches (38 au total) sont bien sûr soigneusement reproduites, rythmant un texte qui retrace les événements chronologiquement, depuis avant même la création de l'appellation Anima (il y eut d'abord, au début des années 80, les Rencontres du Cinéma d'animation, puis la Semaine du Dessin animé, puis le Festival du Dessin animé et du Film d'animation). Philippe Moins nous propose en partage anecdotes savoureuses et considérations pertinentes, au fil d'une lecture plaisante, ne s'abandonnant jamais aux digressions gratuites. Son petit format permet d'emporter Anima à l'affiche où l'on veut, et de le lire en repensant à la si belle saga d'un festival (1) devenu, depuis belle lurette, un des événements indispensables de l'année cinématographique à Bruxelles.