C'est donc dans la nuit de dimanche à lundi que l'on saura si The Artist, le film de Michel Hazanavicius, poursuivra, à l'occasion de la 84e cérémonie des Oscars, son incroyable moisson de trophées. Au prix d'interprétation glané par Jean Dujardin à Cannes en mai dernier s'est en effet ajouté un chapelet de distinctions, Golden Globes, prix de la critique américaine (et belge, d'ailleurs), Bafta awards britanniques, et on en passe, comme le prix d'interprétation canine remporté de ha...

C'est donc dans la nuit de dimanche à lundi que l'on saura si The Artist, le film de Michel Hazanavicius, poursuivra, à l'occasion de la 84e cérémonie des Oscars, son incroyable moisson de trophées. Au prix d'interprétation glané par Jean Dujardin à Cannes en mai dernier s'est en effet ajouté un chapelet de distinctions, Golden Globes, prix de la critique américaine (et belge, d'ailleurs), Bafta awards britanniques, et on en passe, comme le prix d'interprétation canine remporté de haute lutte par Uggie, le chien du film, lors des premiers Colliers d'or, à Los Angeles. Effet d'entraînement aidant, ce qui semblait, il y a quelques mois à peine, hautement improbable, apparaît aujour- d'hui vraisemblable, et même plus: fort de 10 nominations (dont toutes les catégories majeures), The Artist entame la dernière ligne droite menant aux Oscars dans la peau du grandissime favori. Si d'aventure l'histoire devait se terminer sur ce happy end annoncé, il s'agirait du premier film français couronné aux Academy Awards, qui n'ont jamais récompensé par ailleurs qu'un seul film muet: c'était Wings de William Wellman, en 1929, année où la cérémonie fut organisée pour la première fois. On n'en est pas encore là, toutefois, et quelques exemples récents sont là pour rappeler que les surprises ne sont pas à exclure, comme en 2009, lorsque Slumdog Millionaire de Danny Boyle l'emporta au détriment de The Curious Case of Benjamin Button de David Fincher qui avait pourtant les faveurs des suffrages. Ils sont ainsi quelques prétendants sérieux aux honneurs suprêmes, à commencer par The Descendants d'Alexander Payne, placé en 2005 avec Sideways, Hugo Cabret de Martin Scorsese, 5 ans après The Departed, voire encore The Help de Tate Taylor, un film calibré pour la circonstance, ou Moneyball de Bennett Miller. Ce dernier pourrait par ailleurs valoir à Brad Pitt un Oscar que lui disputeront âprement Jean Dujardin, bien sûr, mais encore George Clooney. Côté féminin, la 17e nomination de Meryl Streep, dans la peau de The Iron Lady, est du métal dont l'on fait les statuettes; ce serait là sa 3e distinction, que seule Michele Williams ( My Week with Marilyn) semble en mesure de lui contester. Enfin, on ne saurait ponctuer ce bref survol sans évoquer une double présence belge: Rundskop de Michaël R. Roskam qui concourra à l'Oscar du Meilleur film étranger, mais aussi Une vie de chat des Français Alain Gagnol et Jean-Loup Felicoli, coproduction en lice pour l'Oscar du Meilleur film d'animation... JEAN-FRANÇOIS PLUIJGERS