"Global Control/Invisible Invasion"

Basé à Bruxelles, le Tunisien Sofyann Ben Youssef a toujours eu la bougeotte. Déjà sur son premier album sous le nom d'Ammar 808 -référence à la fameuse boîte à rythme Roland-, il allait fouiner dans les musiques d'Afrique du Nord. Deux ans après le bien nommé Maghreb United, c'est en Inde cette fois qu'il s'est po...

Basé à Bruxelles, le Tunisien Sofyann Ben Youssef a toujours eu la bougeotte. Déjà sur son premier album sous le nom d'Ammar 808 -référence à la fameuse boîte à rythme Roland-, il allait fouiner dans les musiques d'Afrique du Nord. Deux ans après le bien nommé Maghreb United, c'est en Inde cette fois qu'il s'est posé. Ce n'était pas tout à fait une première -à 20 ans, il était déjà parti étudier à New Delhi, apprenant à jouer du sitar et tabla. Cette fois-ci, c'est dans le sud du pays qu'il a atterri. Dans la ville de Chennai précisément, où il a pu creuser ses connaissances de la musique carnatique. Plus que dans les traditions du nord, celle-ci joue sur le rythme et l'improvisation. Du pain bénit donc pour celui qui garde toujours un oeil sur la piste de danse. De ce voyage de près d'un mois, il est revenu avec une matière musicale qu'il a associée avec des textures électroniques plus futuristes. Le pont entre les deux est forcément à construire dans le rythme, mais pas seulement. En se penchant sur la mythologie hindoue, il s'est aperçu à quel point " certaines histoires sont comme des films de science-fiction" . Un titre comme Ey Paavi, explique-t-il par exemple, est basé sur le Mahabharata, l'une des grandes épopées sanscrites, racontant les guerres sanglantes entre deux familles royales. Ammar 808 en donne une version musicale tendue et chargée, au motif acid house strident. Tout l'inverse de morceaux comme Geeta duniki ou Summa solattumaa, ou même Marivere gati, contrepoints lumineux d'une fusion particulièrement dense.