"African Queen"

L'été dernier, après 33 ans d'inactivité, les Bruxellois Allez Allez se reformaient pour une série de concerts. Plutôt qu'un vieux funk repu de nostalgie eighties, le groupe turbinait une surprenante seconde jeunesse sonique. En l'absence de la chanteuse Sarah Osborne, et du guitariste Nico Franso...

L'été dernier, après 33 ans d'inactivité, les Bruxellois Allez Allez se reformaient pour une série de concerts. Plutôt qu'un vieux funk repu de nostalgie eighties, le groupe turbinait une surprenante seconde jeunesse sonique. En l'absence de la chanteuse Sarah Osborne, et du guitariste Nico Fransolet, décampé au Canada, les quatre originaux restant (Kris Debusscher, Marka, Roland Bindi, Robbie Bindels) s'adjoignaient deux musiciens (Paul Curtiz, Thom Dewatt) et deux vocalistes supplémentaires (Kyoko Baertsoen, Marie Delsaux). La réédition d' African Queen, mini-album paru en 1981, rappelle l'hybridité d'époque: une charge punky défiée par la saga funk moderniste. Cinq titres pour 25 minutes de musique sous influences diverses -Chic est passé par là- mais qui trouve dans la solide voix d'Osborne matière première à ses fantasmes dance floor. Avec le quasi-hymne à stades Allez Allez et une revisitation de la piste africaine dans les impressionnantes sept minutes d' African Queen. Dommage que la version 2018 du disque, en digital ou vinyle, manque singulièrement d'infos et de contextualisation. Par contre, elle propose en téléchargement deux remixs de She's Stirring Up et un d' African Queen, featuring la nouvelle chanteuse Marie Delsaux, qui mange visiblement du cougar au petit-déjeuner. Et qu'on se réjouit d'entendre rugir sur le premier nouveau titre qu'Allez Allez enregistre ces jours-ci en studio, baptisé Sean Connery. Un scoop Focus.