On l'a déjà écrit dans ces pages: nul besoin d'aduler l'automobile pour apprécier Autophoto, l'exposition de la Fondation Cartier qui revient sur un siècle de cylindrées dans l'objectif. Le Mexicain Alejandro Cartagena compte parmi les photographes repérés sur p...

On l'a déjà écrit dans ces pages: nul besoin d'aduler l'automobile pour apprécier Autophoto, l'exposition de la Fondation Cartier qui revient sur un siècle de cylindrées dans l'objectif. Le Mexicain Alejandro Cartagena compte parmi les photographes repérés sur place. Difficile de passer à côté de sa série The Carpoolers, saluée par Martin Parr himself, qui donnait à voir des travailleurs clandestins vus du ciel. Du ciel, vraiment? Par ciel, il faut comprendre "tunnel". Perché à la sortie d'un tunnel sur une autoroute stratégique, Cartagena s'est amusé à immortaliser la main- d'oeuvre bon marché. Le résultat est fascinant, des entassements de corps qui disent mieux que tout le reste une vie précaire soumise à des rythmes pendulaires. Un coup d'oeil sur le site de l'intéressé permet de se rendre compte que l'homme en a gardé sous l'objectif. C'est vrai d'une série nommée Suburbia mexicana, qui s'arrête sur les villes mexicaines périphériques à travers leurs architectures, leurs habitants, leurs rivières qui ne mènent nulle part ou même leurs friches. On pense également à Landscape as bureaucracy, une suite d'images noir et blanc qui déroulent la triste monotonie des environnements aseptisés. Celles-ci sont ponctuées de deux vidéos tout aussi déprimantes. HTTPS://ALEJANDROCARTAGENA.COM M.V.