Du 1er juillet au 21 octobre

Une morale de l'Histoire s'impose à tout qui a eu la chance de se confronter une fois dans sa vie à un véritable peuple de chasseurs-cueilleurs. La leçon en question concerne le système des objets. Face à la légèreté des tribus dites "premières", nous semblons grotesquement empêtrés dans l'accessoire. Téléphone, sac à dos, montre, couvre-chef... de vrais marchands ambulants. Cela fait quelques années que l...

Une morale de l'Histoire s'impose à tout qui a eu la chance de se confronter une fois dans sa vie à un véritable peuple de chasseurs-cueilleurs. La leçon en question concerne le système des objets. Face à la légèreté des tribus dites "premières", nous semblons grotesquement empêtrés dans l'accessoire. Téléphone, sac à dos, montre, couvre-chef... de vrais marchands ambulants. Cela fait quelques années que le fantasme de dématérialisation se répand comme une onde à travers la société occidentale, ce doux rêve de n'avoir plus besoin d'aucune prothèse pour vivre cette vie. Bien sûr, cette lame de fond bénéficie d'un écho régulier au sein des arts plastiques, pratique, elle aussi, plongée jusqu'au cou dans la camelote. De manière très opportune, le MAC's programme cet été une exposition qui entend faire vivre aux visiteurs une expérience d'ordre esthétique " sans s'encombrer de la matérialité de l'objet d'art". Pour ce faire, Denis Gielen, le directeur, a convié deux artistes belges: Ann Veronica Janssens et Jean Glibert. L'idée? Imaginer un dispositif en forme de dialogue se passant des artifices de monstration habituels. On ne peut que louer l'initiative et le casting qui fait la part belle à deux plasticiens ayant à coeur un certain souci de la légèreté -Glibert se revendique "peintre en bâtiment". Plusieurs propositions scandent l'architecture du lieu, soulignant ainsi les lignes d'un bâti posé par l'architecte Bruno Renard et revu plus récemment par Pierre Hebbelinck. On retient entre autres Glitter (Ann Veronica Janssens, 2015), tas de paillettes colorées et dispersées au sol par un coup de pied de l'artiste. Ce geste fait écho aux deux grands aplats de vernis que Jean Glibert a apposés sur un mur tout proche. Mais c'est probablement avec ses sept vélos aux enjoliveurs en aluminium gravé qu'Ann Veronica convainc le plus. Mis à la disposition du public, ils nous ouvrent les yeux sur l'impalpable "opus magnum" obtenu à partir de l'air et de la lumière.