"Figures"

La musique, c'est le marathon ou Molière. Faut pouvoir tenir la distance et, dans les meilleurs cas, pourquoi pas, mourir sur scène. On n'en demande pas tant à Aksak Maboul, imprévisible du pop-rock belge. Soit celle du couple à la vie comme en musique...

La musique, c'est le marathon ou Molière. Faut pouvoir tenir la distance et, dans les meilleurs cas, pourquoi pas, mourir sur scène. On n'en demande pas tant à Aksak Maboul, imprévisible du pop-rock belge. Soit celle du couple à la vie comme en musique , Marc Hollander et Véronique Vincent, fomentant dès la fin des années 70, avec d'autres zigues comme Yvon Vromman et Vincent Kenis, les scénarios incongrus des Tueurs de la lune de miel et d'Aksak Maboul. Histoire connue mais pas complètement inutile à rappeler à l'écoute de ce double disque, à l'unisson de ce printemps 2020: contagieux, fractionné, remettant nos vies sur le tapis existentiel. Voilà donc un quatrième (double) album après les sorties de 1977, 1980 et 2014 -maquettes ancestrales repêchées-, où se croisent à distance différentes planètes soniques. C'est le charme d'une démarche artistique rare: remonter le passé, y engranger du jazz, de la pop, de l'expérimental, de la chanson, et projeter cet incertain cocktail dans ce qui constitue le futur d'aujourd'hui. Soit un (double) album jamais coulé d'avance dans le bronze, mais dont les incertitudes, voies de garage et de quasi-gloire, sont des prises de risques. Le petit doigt sur la tirette du plaisir.