"Opus 111"

Depuis une trentaine d'année, Aka Moon explore (en les célébrant) différentes cultures musicales. Celles, bien sûr, venues d'Afrique et des Indes mais aussi d'Europe, qu'elles appartiennent au passé ou se conjuguent au présent -toutes choses do...

Depuis une trentaine d'année, Aka Moon explore (en les célébrant) différentes cultures musicales. Celles, bien sûr, venues d'Afrique et des Indes mais aussi d'Europe, qu'elles appartiennent au passé ou se conjuguent au présent -toutes choses dont le nom du groupe porte la trace. Le saxophoniste Fabrizio Cassol, à la suite de la lecture d'un bref roman écrit en 1961 par l'Afro-Américaine Adrienne Kennedy ( She Talks to Beethoven), liée à un désir d'explorer l' Opus 111, ultime sonate pour piano du compositeur, a accouché avec ses deux complices, le bassiste Michel Hatzigeorgiou et le batteur Stéphane Galland, d'un disque qui va bien au-delà du savant morceau de rhétorique qu'il aurait pu se contenter d'être. La sonate, oeuvre fascinante d'un génie dont la couleur de peau n'a cessé d'intriguer ses contemporains, s'y voit en effet effleurée, célébrée, africanisée, jazzifiée. Elle va et vient comme un fantôme, rêverie musicale capable d'unifier continents et cultures. Autour du trio s'imposent la formidable voix de Fredy Massamba, l'accordéon de João Barradas et le piano de Fabian Fiorini, invité permanent d'un trio dont la quête musicale se révèle sans limites.