Lové dans un paradis insulaire virtuel et kawaii, Animal Crossing: New Horizons de Nintendo atténue le confinement et le manque de contacts sociaux d'une pléthore de gamers. Le jeu totem du Covid-19 célèbre la vie. Dans un improbable alignement d'étoiles, Doom Eternal est sorti lui aussi le 20 mars dernier. Mais lui danse, tout sourire, avec la mort. Grotesque et excessif, le cinquième volet principal de ce First Person Shooter culte crapahute ainsi entre des lambeaux de chairs sanguinolents et des globes oculaires arrachés. Par dizaines. Son dépaysement n'en demeure pas moins tout aussi puissant et salutaire.
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Lové dans un paradis insulaire virtuel et kawaii, Animal Crossing: New Horizons de Nintendo atténue le confinement et le manque de contacts sociaux d'une pléthore de gamers. Le jeu totem du Covid-19 célèbre la vie. Dans un improbable alignement d'étoiles, Doom Eternal est sorti lui aussi le 20 mars dernier. Mais lui danse, tout sourire, avec la mort. Grotesque et excessif, le cinquième volet principal de ce First Person Shooter culte crapahute ainsi entre des lambeaux de chairs sanguinolents et des globes oculaires arrachés. Par dizaines. Son dépaysement n'en demeure pas moins tout aussi puissant et salutaire. Monument de pop culture aussi important que Tomb Raider et Mario, Doom écrivait une page de l'Histoire du jeu vidéo en 1993. Sa technique 3D, son ouverture à la création amateure et son business model ont hissé John Carmack et John Romero, ses pères, au rang des millionnaires. Si elle n'est plus aux mains de ces rois geek 90's, la série renaissait brillamment de ses cendres il y a quatre ans via un épisode sobrement baptisé Doom. Ce reboot à contre-courant des canons des FPS standard jurait fidélité à l'oeuvre d'origine. Doom Eternal, sa suite, enfonce le clou comme sur un crucifix, avec ses ingrédients habituels: des forces démoniaques qui envahissent la Terre, une corporation exploitant une énergie puisée en Enfer. Malgré un pitch travaillé qui approfondit notamment sur la bio de son héros, Doom Eternal se vit d'abord pour son gameplay subluminique poussant le gamer à prendre des risques. Courir vers les pieds d'un adversaire que l'on aura préalablement affaibli pour l'achever à mains nues le récompense ainsi de soins bonus vitaux. Centraux sur le gameplay du précédent volet, ces " finish him" très Mortal Kombat prennent ici de l'ampleur. Aller au contact pour enflammer ou tronçonner un démon offre ainsi respectivement des morceaux d'armures et des munitions. Ces cadeaux bienvenus garnissent les innombrables finesses stratégiques de ce mosh pit dantesque. Comptant des vieilles connaissances, la trentaine de créatures et de soldats invités à la sauterie exige en effet de maîtriser moult techniques, à sortir au bon moment. On détruira ainsi les canons surmontant une Arachnotron ou un Cacodemon avec un fusil sniper tandis que certains pouvoirs (à débloquer) ralentissant la chute aident les attaques. Cette panoplie offensive impossible à résumer en quelques lignes témoigne d'un contraste jubilatoire que cultive Doom Eternal: celui d'une brutalité totale doublée d'une finesse tactique folle. En bon shooter oldschool, le FPS en rajoute en outre une couche dans ses déplacements via des double dash et autres sauts périlleux. Apocalyptique avec ses cathédrales sataniques portées sur le dos d'improbable Titans, le voyage ultraviolent se vit donc intensément, le joypad serré dans les mains. Y plonger détourne l'attention de la réalité, un moment. Un bienfait d'utilité publique, à ne pas mettre cependant entre toutes les mains.