Il y a d'abord quelques beaux moments de vérité collective en compagnie des membres d'une famille dysfonctionnelle réunie autour d'un grand-père dont la mort ne va faire qu'accentuer les dissensions. Puis, peu à peu, très vite en fait, Maïwenn, qui s'appelle Neige dans le film,...

Il y a d'abord quelques beaux moments de vérité collective en compagnie des membres d'une famille dysfonctionnelle réunie autour d'un grand-père dont la mort ne va faire qu'accentuer les dissensions. Puis, peu à peu, très vite en fait, Maïwenn, qui s'appelle Neige dans le film, se contente de faire du Maïwenn au carré. Cris, pleurs, violence verbale, auto-apitoiement, rires nerveux, engueulades, émotions à fleur de peau, psychodrames permanents... Tout le petit attirail névrotique de la réalisatrice de Pardonnez-moi, Le Bal des actrices, Polisse et Mon roi est convoqué de manière tellement exacerbée qu'on frise le non-sens hystérique. Mais le pire reste à venir... En pleine crise identitaire, Neige sombre dans un questionnement lourdingue sur sa supposée algérianité. Le mode autofiction, à peine voilé, est activé, et Maïwenn délaisse alors sans raison valable l'ensemble des personnages de son scénario-gruyère pour s'enfoncer dans un délire narcissique embarrassant d'immaturité où elle renoue avec ses racines nord-africaines en buvant du thé à la menthe et implore la larme à l'oeil pour qu'on lui parle en arabe... Et le spectateur d'en être réduit à la regarder panser ses plaies sans trop savoir si c'est d'une pure foutaise ou d'une immense naïveté dont il faut ici parler.