Les festivals de Cannes se suivent et se ressemblent pour Michael Haneke, puisque trois ans après Le Ruban blanc, Amour, son dernier opus, y a également conquis la Palme d'or. En l'occurrence, on parlera de chronique d'un triomphe annoncé, le film du réalisateur autrichien ayant fait l'unanimité, au point que l'on y verra la seule ligne du palmarès de Nanni Moretti ne souffrant guère de contestation. Quelques jours plus tôt, alors que la rumeur cannoise le donnait déjà largement favori, c'est d'ailleurs un Haneke particulièrement détendu que l'on avait retrouvé dans un palace à front de Croisette, le réalisateur, réputé austère, se laissant même aller à l'une ou l'autre frivolité -comme parler chaussures de sport dans un aparté dont on vous épargne ici les détails. Quant au frémissement évoqué ci-devant, il l'accueillait avec une réserve prudente: "Les récompenses améliorent les conditions de travail pour votre production suivante. Voilà pourquoi elles sont importantes."
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