Si la France est un pays de camping, alors À l'abordage pourrait bien être l'un de ses plus charmants ambassadeurs. L'anti-comédie beauf avec Franck Dubosc en moule-burnes par excellence. Guillaume Brac, son réalisateur, en connaît évidemment un rayon en matière de comédie estivale. Dès 2011, ce nat...

Si la France est un pays de camping, alors À l'abordage pourrait bien être l'un de ses plus charmants ambassadeurs. L'anti-comédie beauf avec Franck Dubosc en moule-burnes par excellence. Guillaume Brac, son réalisateur, en connaît évidemment un rayon en matière de comédie estivale. Dès 2011, ce natif de Paname formé notamment aux côtés d'Emmanuel Mouret signe avec le moyen métrage Un monde sans femmes, suite de son court Le Naufragé (2009), une chronique douce-amère d'un été à la plage où s'affirment une sensibilité et un regard délicatement affûtés. Dix ans et quelques films plus tard, son cinéma n'a rien perdu de sa désarmante authenticité. Désormais disponible sur Mubi, son dernier long métrage en date est là pour en témoigner. Présentée dans la section Panorama de la Berlinale 2020, cette chronique d'un été, rohmérienne en diable (on pense aussi beaucoup au cinéma de Jacques Rozier), embarque de jeunes et généreux acteurs débutants sur les routes de France, direction la Drôme. Mais si l'amour est au bout du chemin, il prend parfois des formes très inattendues. Rien ne se passe tout à fait comme prévu, en effet, dans cet irrésistible petit marivaudage social et solaire, spontané, drôle et attachant, qui fleure bon les vacances fauchées et les bluettes branques. Et qui illustre avec humour et tendresse que les voies du coeur sont, décidément, bien impénétrables.