Installé pour partie à Minorque dans les Baléares, le vieil écrivain néerlandais Cees Nooteboom regarde le monde qui l'entoure depuis son île. L'auteur célébré se serait-il métamorphosé en ermite, en misanthrope rabougri? Pas du tout. Au travers de 533 jours, entre le 1er aoû...

Installé pour partie à Minorque dans les Baléares, le vieil écrivain néerlandais Cees Nooteboom regarde le monde qui l'entoure depuis son île. L'auteur célébré se serait-il métamorphosé en ermite, en misanthrope rabougri? Pas du tout. Au travers de 533 jours, entre le 1er août 2014 et le 15 janvier 2016, plutôt que se complaire dans l'introspection, le poète, romancier et essayiste saisit son microscope pour observer les étoiles, les papillons, les fourmis, les chenilles processionnaires. Parvenu à l'épilogue de son existence, cet amoureux des cactus mesure la petitesse de l'homme, tout autant que l'importance de toute vie, prêtant de l'esprit, et pas seulement de la vie, aux plantes qui l'entourent... Ce jardinier de la pensée passe ainsi du local à l'universel, se révélant d'une sagesse visionnaire quant aux destins de l'Europe et de l'Espagne, qu'il s'agisse des attentats de 2015 ou de la crise migratoire. Au coeur de cette vision chamanique, les livres et les écrivains ont bien sûr aussi leurs mots à dire. Et si Nooteboom cite Montaigne, ses réflexions certes pleine de bon sens et d'humanisme ont plutôt l'imagination d'un Cervantès, et son style l'austérité d'un Francisco de Zurbarán: de quoi transformer sa contrée mentale en des Pays-Bas... espagnols.