C'est une bonne nouvelle en ces temps de coupes budgétaires généralisées: après sept ans d'absence, le Prix Photographie Ouverte est de retour. L'ambition de ce concours national? Soutenir la création contemporaine sous nos latitudes, une tâche dont il s'acquitte tant bien que mal depuis... 40 ans. Pour cette 17e édition, pas moins de 269 participants ont tenté leur chance. Parmi eux, 18 lauréats exposés sur...

C'est une bonne nouvelle en ces temps de coupes budgétaires généralisées: après sept ans d'absence, le Prix Photographie Ouverte est de retour. L'ambition de ce concours national? Soutenir la création contemporaine sous nos latitudes, une tâche dont il s'acquitte tant bien que mal depuis... 40 ans. Pour cette 17e édition, pas moins de 269 participants ont tenté leur chance. Parmi eux, 18 lauréats exposés sur les murs du musée carolo. And the winner is? Frédéric Pauwels, photojournaliste belge dont les images gagnent à être découvertes, du moins dans un premier temps, sans explications. L'oeil s'interroge devant des diptyques mettant en parallèle des individus harnachés dans des combinaisons techniques et ce que l'on prend d'abord pour des reliques archéologiques. Un regard plus attentif fait naître l'effroi. Devant tel noeud papillon ou tel autre accessoire resté indemne, quelque chose comme une distance s'amenuise. On comprend que le corps à moitié décomposé que l'on contemple ne vient pas du fond des âges mais d'un passé proche. Et que les archéologues sont en réalité des fossoyeurs aux traits crispés de voir "demain comme ils seront". Restituées à la faveur de tirages ChromaLuxe à la netteté chirurgicale, les compositions racontent une problématique actuelle: à cause des pesticides et de l'utilisation de cercueils trop étanches, les corps des défunts ne se décomposent plus comme autrefois. Le phénomène bouleverse l'écosystème de la mort tel qu'il est en place dans nos communes qui, sous la pression des nouvelles inhumations, doivent libérer de la place dans les cimetières. Évoquant les drapés et les tonalités du Caravage, le traitement quasi pictural du sujet donne à voir le monde comme cet "imputrescible radeau" que chantaient Alain Bashung et Gérard Manset. L'accrochage ne s'arrête pas avec Pauwels, de nombreux travaux méritent qu'on s'y attarde: Annabel Werbrouck, Pierre Moreau, Simon Vansteenwinckel, Teo Becher...