Le plateau est vide. Sans les décors et trompe-l'oeil traditionnels, on voit la scène - ses murs de briques, sa nudité. Entre alors l'acteur en civil, avec pour seuls apprêts son visage reconnaissable, sa voix célèbre - pour quoi on a fait le déplacement. Ses accessoires? Quasi rien. Un bureau peut-être, une paire de lunettes (quoi d'autre pour poser quelqu'un en lecteur?), une bouteille d'eau (l'exercice va donner soif), et un paquet de feuilles blanches (le texte, bien visible pour une fois, qui matérialise la durée du spectacle à venir). La mise en scène, ou plutôt son absence, le fait comprendre, sans ambiguïté: on est venu écouter ce soir davantage peut-être que voir.
...