Avec ses Miscellanées, publiées en 2005 en français, l'Anglais Ben Schott a réussi le coup éditorial du siècle. Plus de deux millions d'exemplaires de ce vade-mecum maniaque de " petits riens essentiels " ont été écoulés. Les réponses à toutes les questions qu'un homme ou une femme respectables peuvent se poser et surtout à toutes celles que personne ne se pose jamais s'y trouvaient, soigneusement répertoriées dans une présentation sobre et vintage. Le nom des neuf muses de la mythologie, la liste exhaustive des phobies, la technique pour draper un sari ou encore les résolutions du jeune Jonathan Swift " pour l'époque où je deviendrai vieux " - " Ne point épouser ...

Avec ses Miscellanées, publiées en 2005 en français, l'Anglais Ben Schott a réussi le coup éditorial du siècle. Plus de deux millions d'exemplaires de ce vade-mecum maniaque de " petits riens essentiels " ont été écoulés. Les réponses à toutes les questions qu'un homme ou une femme respectables peuvent se poser et surtout à toutes celles que personne ne se pose jamais s'y trouvaient, soigneusement répertoriées dans une présentation sobre et vintage. Le nom des neuf muses de la mythologie, la liste exhaustive des phobies, la technique pour draper un sari ou encore les résolutions du jeune Jonathan Swift " pour l'époque où je deviendrai vieux " - " Ne point épouser une jeune femme ", " Ne pas mépriser le présent, ses manières de voir, son genre d'esprit, ses modes, ses hommes, ses guerres, etc. "... Ce pense-bête sans frontières célébrait à la fois le génie humain tout en démasquant sa vertigineuse propension à nommer les choses les plus futiles. De quoi combler à titre posthume Oscar Wilde, qui regrettait qu'il y ait " si peu d'informations inutiles ". Le succès phénoménal de cet olni (ouvrage littéraire non identifié ) appelait une suite. Ou plutôt des suites. Après avoir inventorié le monde culinaire sur le même principe en 2007, ce sont aujourd'hui tous les tiroirs de l'imposante commode du sport qu'il ouvre et vide sous nos yeux toujours ébahis. Une évidence, tant l'univers des loisirs (Schott ne se limite pas aux seules disciplines sportives) a produit de consignes et de jargon que vient gratter jusqu'à l'os et à l'absurde ce géomètre du savoir. Entre les douze règles de boxe du marquis de Queensberry et l'explication de l'origine de la " virgule " de Nike (que l'on doit à une étudiante en graphisme payée... 35 dollars en 1971 mais qui reçut quand même des actions de la marque dix ans plus tard), on trouve aussi le cadastre, et la signification, des innombrables tatouages qui recouvrent le corps de l'ancien footballeur David Beckham, le calendrier à usage du pêcheur - " Le brochet est à son mieux en juillet... " -, ou encore les états de service de quelques dormeurs célèbres, réels ou fictifs, de Morphée à Margaret Thatcher (qui ne dormait que trois ou quatre heures par nuit comme Napoléon) en passant par la Belle au bois dormant. C'est l'une des clés du plaisir mystérieux ressenti à la lecture de ce catalogue à la mine austère : les informations utiles mais qu'on oublie toujours - comme la hiérarchie des mains au poker ou la petite et la grande histoire derrière le choix de la distance (42,195 km) du marathon - côtoient les plus farfelues - mais toujours traitées avec le plus grand sérieux. Chaque page réserve son lot de surprises, voire de révélations. Qu'il s'agisse de découvrir que le rodéo se décline en huit épreuves différentes ou d'apprendre que Casanova est à l'origine de l'introduction de la loterie nationale en France en 1757, et qu'il en est aussi le premier gagnant puisqu'il s'est attribué une royale commission sur les recettes qui a fait sa fortune. L'entreprise, outre qu'elle comble un peu tout en la révélant notre infinie ignorance, force le respect par la quantité de connaissances rassemblées en un seul livre. Et surtout par l'art subtil de Schott de mélanger ses épices. Contrairement à un Wikipédia qui, en comparaison, ressemble à un vulgaire supermarché. A picorer sans modération.