Quatre romancières, quatre façons de s'emparer d'un sujet commun. Pour Brigitte Giraud, née à Sidi-Bel-Abbès juste avant les accords d'Evian (1962), et pour Alice Zeniter, dont le grand-père kabyle fut harki, il s'agissait de tenter de combler les silences familiaux, d'essayer de percer les non-dits comme les trop-vite-dits afin de réinterroger le parcours de proches englués dans un conflit aussi fréquemment évoqué que souvent mal compris. Pour Kaouther Adimi, née à Alger peu avant la "décennie noire" des années 1990, et pour Marie Richeux, élevée à Meudon-la-Forêt dans une cité accueillant des trajectoires variées, le travail littéraire a consisté en un va-et-vient permanent entre la mise en lumière des destins d'intellectuels amoureux des deux pays (l'éditeur et libraire Edmond Charlot, concepteur de la librairie Les Vraies Richessesà Alger, et l'architecte Fernand Pouillon, bâtisseur de la cité Climat de Franceà Alger et de la ville nouvelle de Meudon-la-Forêt, dans la banlieue parisienne), et des souvenirs ou aventures plus contemporaines, afin de tenter d'épuiser leur sujet.
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