Flirt flamand à la Foire du livre: "Si je m'écoutais, je ne publierais que des auteurs néerlandais!"

14/02/19 à 07:57 - Mise à jour à 08:01
Du Le Vif/L'Express du 07/02/19

En choisissant la Flandre comme invitée d'honneur, la Foire du livre de Bruxelles accompagne la montée en puissance des voix du nord sur la scène littéraire européenne en général, française en particulier. Itinéraire d'une littérature décidément gâtée.

Anvers, un matin inamical et venteux de janvier. Carrure d'armoire et grosses bagues aux doigts, lunettes en cercles et moustache aux bords raffinés, Jeroen Olyslaegers ne passe pas inaperçu dans les rues. Echange de regards, mains qui se saluent sur les trottoirs: l'homme, mi-barde mi-Viking, foule les lieux en propriétaire. A l'arrière de la gare, un passant l'apostrophe, surpris de voir un petit attroupement de journalistes, carnets de notes ouverts sous la dictée de l'écrivain: "Est-ce que tu es en train de leur faire une visite guidée de la ville d'après Wil?" Wil, ou Wilfried Wils, est le héros du roman éponyme d'Olyslaegers - vieil homme revenant, dans une longue lettre à un arrière-petit-fils (invisible), sur son passé à Anvers dans les années 1940, alors qu'il évitait le travail forcé en Allemagne en devenant flic, et que montaient en puissance l'antisémitisme et la collusion entre feldgendarmerie, nazis et police locale. A travers ce personnage plein de honte, de fatalisme et de zones grises, le roman - un véritable page-turner - mélange les époques à mesure que les souvenirs reviennent à son narrateur peu fiable, et dépeint en profondeur l'ambiguïté morale de ces années d'occupation dans un style baroque, parfois lyrique (Wils est aussi poète, amateur de Rimbaud).
...

Vous souhaitez continuer à nous lire?

Lisez 3 articles gratuits par mois

Je m'enregistre Je suis déjà enregistré
ou

Les abonnés du Vif/l'Express bénéficient d'un accès illimité à tous les articles sur LeVif.be

Je prends un abonnement Je suis déjà abonné