Et ce, d'autant plus que règne dans cette oeuvre de Dominique Van den Bergh (°1962) une fixité, une suspension du temps, une impression d'incommunicabilité et un recours à l'image plutôt qu'au dessin qui ont été largement exploité par les tenants de cette école. Il n'est pas étonnant du coup que l'artiste ait d'abord été défendue par la galerie Quadri dont on sait la fidélité à cette mouvance. Or, rien n'est plus éloigné du Surréalisme et de la poésie que le parcours proposé en ce moment à la galerie Détour.

Comme chez la plupart des plasticiens aujourd'hui, c'est le livre théorique qui nourrit le rapport de l'artiste au monde mais pas, comme tant d'autres pour s'interroger sur la définition de l'art, moins encore pour accompagner un lanceur d'alerte mais pour incarner une réflexion sur l'actualité de nos connaissances sur le "naturel" et particulièrement celles d'Emmanuele Coccia auquel la Fondation Cartier avait fait appel pour l'exposition "Nous les arbres" en 2019. Que voit-on dans ce lavis de grande dimension titrée "Alliances secrètes" ? Un monde en grisés où, dans une clairière, se retrouvent des hommes et des femmes en habit de ville, un cerf, un fantôme et un morceau de caillou. Mais surtout, un espace traversé par des halos de lumières qui traversent même la matérialité des corps comme celle du végétal. Or, ce cette présence du "souffle" est celle qui fonde la pensée du philosophe italien dans son ouvrage "La vie des plantes, une métaphysique des mélanges" parue aux éditions RIvages en 2017. Il y est moins question d'écologie politique que de constater, à partir de l'analyse du rôle fondateur du végétal que "La plante fait monde".

En réalité, en produisant l'oxygène (la photosynthèse), elle crée l'atmosphère et permet non seulement la vie sur terre mais unifie les différents règnes de la nature. "En respirant, écrit-il, on s'immerge dans le monde". Tout est donc dans tout comme l'affirmait déjà Anaxagore au Ve siècle avant Jésus-Christ et voilà bien le noyau immatériel du propos de l'artiste. Par l'usage du lavis et le seul recours aux variations du noir et du blanc, Dominique Van den Bergh rend visible ce mélange "métaphysique" (l'atmosphère), dans lequel l'homme n'est plus isolé mais relié à toutes les manifestations de Gaïa.

Galerie Détour, 166 rue Jean Materne à 5100 Jambes (Namur). Jusqu'au 20 mars. Site : galeriedetour.be

Et ce, d'autant plus que règne dans cette oeuvre de Dominique Van den Bergh (°1962) une fixité, une suspension du temps, une impression d'incommunicabilité et un recours à l'image plutôt qu'au dessin qui ont été largement exploité par les tenants de cette école. Il n'est pas étonnant du coup que l'artiste ait d'abord été défendue par la galerie Quadri dont on sait la fidélité à cette mouvance. Or, rien n'est plus éloigné du Surréalisme et de la poésie que le parcours proposé en ce moment à la galerie Détour. Comme chez la plupart des plasticiens aujourd'hui, c'est le livre théorique qui nourrit le rapport de l'artiste au monde mais pas, comme tant d'autres pour s'interroger sur la définition de l'art, moins encore pour accompagner un lanceur d'alerte mais pour incarner une réflexion sur l'actualité de nos connaissances sur le "naturel" et particulièrement celles d'Emmanuele Coccia auquel la Fondation Cartier avait fait appel pour l'exposition "Nous les arbres" en 2019. Que voit-on dans ce lavis de grande dimension titrée "Alliances secrètes" ? Un monde en grisés où, dans une clairière, se retrouvent des hommes et des femmes en habit de ville, un cerf, un fantôme et un morceau de caillou. Mais surtout, un espace traversé par des halos de lumières qui traversent même la matérialité des corps comme celle du végétal. Or, ce cette présence du "souffle" est celle qui fonde la pensée du philosophe italien dans son ouvrage "La vie des plantes, une métaphysique des mélanges" parue aux éditions RIvages en 2017. Il y est moins question d'écologie politique que de constater, à partir de l'analyse du rôle fondateur du végétal que "La plante fait monde". En réalité, en produisant l'oxygène (la photosynthèse), elle crée l'atmosphère et permet non seulement la vie sur terre mais unifie les différents règnes de la nature. "En respirant, écrit-il, on s'immerge dans le monde". Tout est donc dans tout comme l'affirmait déjà Anaxagore au Ve siècle avant Jésus-Christ et voilà bien le noyau immatériel du propos de l'artiste. Par l'usage du lavis et le seul recours aux variations du noir et du blanc, Dominique Van den Bergh rend visible ce mélange "métaphysique" (l'atmosphère), dans lequel l'homme n'est plus isolé mais relié à toutes les manifestations de Gaïa.