L'événement a démarré à 14h00 dans dix grandes villes du pays: Anvers (Meir), Bruxelles (Place de la Bourse), Charleroi (Place Verte), Gand (Korenmarkt), La Louvière (Place Maugrétout), Leuven (Grote Markt), Mons (Grand Place), Namur (Place d'Armes), Tournai (Grand Place) et enfin Liège sur la Place Saint-Lambert où nous nous sommes rendus.
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L'événement a démarré à 14h00 dans dix grandes villes du pays: Anvers (Meir), Bruxelles (Place de la Bourse), Charleroi (Place Verte), Gand (Korenmarkt), La Louvière (Place Maugrétout), Leuven (Grote Markt), Mons (Grand Place), Namur (Place d'Armes), Tournai (Grand Place) et enfin Liège sur la Place Saint-Lambert où nous nous sommes rendus.Selon les travailleurs du secteur culturel, "il est temps d'entrer en action". Alors qu'une séance plénière à la Chambre, qui a débuté à 14h00 ce jeudi, ces artistes et travailleurs du secteur ont investi l'espace public et formé des statues vivantes représentant leur profession. Et de dénoncer: "le monde recommence à bouger, la culture reste à l'arrêt, mais nous restons debout".Ils seront tous arrivés, outil de travail en main (micro, livre, marqueur, instrument de musique ou costume de scène), et portant quasiment tous un masque. De 14h00 à 14h15, ils ont performé: les chanteurs ont chanté, les musiciens ont joué, des DJs écoutaient leur musique dans leur casque, des chanteurs d'Opéra répétaient à deux pas de l'Opéra royal de Wallonie. L'image est complète.À 14h15, un signal sonore retentit et les artistes sont restés immobiles au milieu du mouvement des passants qui continuent leur chemin et surtout des journalistes qui titubent entre eux afin de prendre quelques clichés. Quelques minutes plus tard, un second signal retentit, clap de fin pour l'événement. Un tonnerre d'applaudissements et de cris jaillit sur la Place Saint-Lambert, au pied du Palais de Justice. Jean-Pierre Dardenne siffle d'un geste avec ses mains.David Murgia, comédien et instigateur de l'événement explique: "Tous les secteurs ont reçu des mesures d'urgence et il y a des gens ici, parmi les plus précaires, qui n'ont rien touché depuis la mi-mars. Et pourtant, ce sont des travailleuses et travailleurs comme les autres qui cotisent parfois en travaillant et dans des bars et parfois sur des planches de théâtre et dans des emplois alimentaires pour combiner. Donc, ils cotisent le plus sérieusement du monde, mais ils ne sont pas reconnus dans notre société comme travailleurs et travailleuses et ils sont laissés dans des conditions désastreuses. Vu qu'on est déjà en temps normal dans un contexte difficile et en manque de reconnaissance, quand il arrive une situation de crise, c'est une catastrophe." Remonté, le comédien affirme que "les élus politiques se doivent de réagir et de se montrer responsables face à ces situations-là."Les artistes se sont exprimés sur la place publique alors que le Conseil national de Sécurité a suspendu le droit des citoyens de manifester après le rassemblement notamment Place Poelaert pour dénoncer le racisme systémique et soutenir le mouvement Black Lives Matter.Dès lors, cette manifestation, même si elle s'est déroulée de manière pacifiste, sans encombre et sans intervention de la police, a été à l'encontre des mesures prises par le CNS concernant les manifestations publiques. David Murgia argumente: "Ce qui est super, c'est que c'est un premier geste de fédérations et d'organisations de l'ensemble des artistes. On est un secteur super difficile à organiser parce qu'on est mal fédéré. Et depuis 2-3 semaines, les gens se sont organisés à Ostende, à Bruges, à Anvers, à Bruxelles, à Charleroi, à Liège et à Tournai... Et de tous métiers différents: pas que des gens de théâtre ou de la musique. Et de toutes conditions sociales dans les métiers qui se rassemblent." Il poursuit: "Voir une action comme celle-ci est enthousiasmant, car on a tout intérêt à se tenir prêt pour la rentrée et on ne sait pas à quelle sauce on va être mangés. Surtout qu'on a vu à la dernière commission parlementaire qu'on était victimes d'un jeu politique indigne", faisant référence au report du débat à une date indéterminée sur le statut d'artiste avec un texte envoyé au Conseil d'État.À la question de savoir si un des messages à retenir de cette manifestation est "pendant que les politiques se déchirent, les artistes se rassemblent", David Murgia répond en esquissant un sourire: "Pour l'instant, c'est un peu ça qu'il se passe. On va essayer de tenir."