Né en 1944, l'année qui voit enfin la reconnaissance de l'indépendance de son pays désormais dirigé par un régime communiste stalinien, il grandit au coeur d'un système totalitaire qui culbutera en un néo-libéralisme aussi extrême à partir de 1991. C'est assez dire si sa vision critique s'est aiguisée et innerve son oeuvre à travers des visions aussi glacées qu'imposantes et rugueuses.

Ses modèles : les architectures officielles mis aussi les vues de marchés et autres lieux souvent vides de personnages. Pas de cri ici lancé à l'assaut des slogans mais une épaisse et lisse retenue avec ça et là lézardes et morsures décrivant de façon implacable, la manière dont, l'imaginaire des gens de pouvoir dessine les espaces urbains.

Frontalité, monumentalité et symétrie, voilà aussi la recette que le peintre avait retrouvé lors d'un séjour à Versailles qu'il s'employa alors à noyer dans certaines de ses compositions. Du coup, il semble que les temps se croisent superposant dans la foulée domiciles privés, bâtisses carcérales, forteresse et jardins publics.

Si son travail avait déjà été repéré par la galerie Cobra à Bruxelles dès 1992, le commissaire suisse Harald Szeeman le propulse sur la scène internationale au début des années 2000 mais c'est depuis la Documenta de Kassel 2017 que l'oeuvre s'impose définitivement.

Galerie Nathalie Obadia, 8, rue Charles Decoster (1050). Jusqu'au 27 octobre. Du mardi au samedi, de 10h à 18h. www.nathalieobadia.com