Bourdon
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BourdonNoël 2020 : comme une envie de revoir Contagion en mangeant des pâtes au thon. Pas un chef d'oeuvre mais un film bien meilleur avec le recul et l'expérience d'une pandémie globale qu'à sa sortie. Je me souviens, en 2011 ou 12, m'être dit que Steven Soderbergh y allait un peu trop à la truelle dans le sensationnalisme. On sait désormais que le bougre s'était au contraire fort bien documenté et que les couillonnades tenaient surtout de convenances hollywoodiennes. Bref, la fin du film a de grandes chances d'être une transposition réaliste de ce que sera notre vie en 2021 et sans doute même en 2022, avec ses campagnes de vaccination plus lentes que le slow du lac et son encore plus lent et donc frustrant retour "à la normale"... Contagion nous promet en effet des conditions d'accès aux supermarchés encore plus strictes que l'entrée en discothèque parisienne vers 1988 (toi oui, toi oui, toi non), des petit bracelets de type "festival" prouvant que l'on est bien vacciné, pas mal de flicage et de paranos... Gloups ! J'ai plutôt bien rigolé en revoyant ce film, Matt Damon, Gwyneth Paltrow et Marion Cotillard n'étant pas vraiment ce que j'appelle de bons acteurs crédibles et le personnage de Jude Law étant très caricatural. J'ai quoi qu'il en soit avalé mes pâtes au thon de travers au moment de me rendre compte que dans le film, la contagion dure environ 6 mois et la campagne de vaccination presque deux ans, dans une ambiance très militarisée, très fliquée. Le seum, quoi. Tant qu'à revoir un Soderbergh d'il y a 10 ans, j'aurais du me relancer Magic Mike, tiens !Netflix BelgiqueMaman : "- Alors Serge, t'as pris de bonnes résolutions ? Tu vas enfin te trouver un vrai métier et pouvoir rembourser ton père ?"Moi : "- Ouiiiiiii, je vais proposer un truc à Netflix Belgique qui ne peut que cartonner !!! Ecrire un remake wallon de Love Actually avec Félix Radu et Saphia Wesphael. L'idée, c'est de les laisser improviser, de les filmer un peu façon télé-réalité en ne gardant de la trame originale que les grandes lignes..."Maman : "- Tcheu dis, fils ! Tu penses pas que la vie va déjà être assez pénible comme ça dans les mois à venir?"Oreilles gourmandesUn "top albums 2020" ? Ca intéresse encore, ça ? Bon, allez. D'accord : Aksak Maboul. Incredible Self-Confidence. Jarv... Is. Sven Wunder. Ben Bertrand. Tim Koh. Rustin Man. Erkin K. Skovid. Isobel Campbell. Angel Bat Dawid. Banbara. Idris Ackamoor & The Pyramids. Thurston Moore. Damaged Bug. Raed Yassin. La compilation Café Exil. Bon appétit. NewslettersSi j'ai finalement plutôt bien encaissé cette année difficile, c'est grâce à des facteurs qui ne vous regardent absolument pas, avoir dégagé de Bruxelles, l'alcool, la littérature du XIXème siècle, Jane Fonda durant le confinement, la disparition du durum de mon quotidien, la world music déviante et puis aussi le Red Hand Files hebdomadaire de Nick Cave, la newsletter quotidienne "Cultures" du journal Libération et celle, également hebdomadaire, du site musical Aquarium Drunkard. Je n'ai toujours pas vraiment compris en quoi une newsletter, support désormais vraiment très à la mode, serait plus "engageante" qu'un blog mais ce qui est certain, c'est que ces deux dernières m'ont fait découvrir de biens belles choses, neuves comme anciennes. Et que les éditos de Libé sont généralement fort bien tapés. Quant à Nick Cave, autant ses disques récents me laissent aussi indifférents que ceux de Claude Barzotti, autant l'homme se positionne de plus en plus comme un phare non pas dans la nuit mais dans le brouillard de conneries qui nous enveloppe toutes et tous dès que l'on met un doigt dans Internet. Les Red Hand Files sont vraiment touchants, intéressants, très réfléchis... En un mot : sages. Damned ! Qui aurait pu penser que le corbeau post-punk héroïnomane dandy trash des Ailes du Désir devienne avec l'âge et en pleine période de dingueries diverses un gourou de la mesure et de la bienveillance (la bienveillance naturelle et adulte, pas le concept ouin ouin militant) ? MillésimesSeulement une quarantaine de bouquins lus cette année. Le plus ancien : 1821. Le plus récent : 2020. Le plus nul : 2018. Le plus volumineux : 2016. Le meilleur : 1947. L'autre meilleur : 1936. Encore un très bon : 2019. Le plus drôle : 1971. Celui qui laisse un sale goût dans la bouche : 2010. Le bon dont je connais personnellement l'auteur : 2015. Celui que j'ai aimé sur un sujet dont je n'ai rien à foutre : 1988. Le mauvais dont je connais personnellement l'auteur : 2019. Celui écrit par une femme : 2016. Celui écrit par un vieil homme blanc hétérosexuel de droite : 1937. Des noms ? Des titres ? Non mais on vire déjà en pleine polémique, là ! Je ne parlerai donc qu'en présence de mon avocat ! Vous vous rendez tout de même compte que n'avoir lu qu'UN SEUL roman écrit par une femme en un an est désormais passible de la peine capitale ? CanapéQue retenir des films "sortis" cette année, si on peut encore appeler ça "sortir" ? Sur le podium, entre Monos et Vivarium, mon coeur balance. Le premier peut se résumer comme suit : "j'aime Rambo, j'aime Deliverance, j'aime Lord of The Flies, j'aime Apocalypse Now, j'aime Aguirre et j'aime aussi Terrence Malick et Yann-Arthus Bertrand. Je vous l'emballe ?". Le second ressemble à un épisode de The Twilight Zone réalisé par Jaco Van Dormael. J'ai aimé les deux. Beaucoup plus que Tenet mais pas autant que Messiah of Evil. Qui est disponible sur You Tube, lui. Autres vieilleries plus ou moins restaurées ou en passe de l'être et bien meilleures que les crus 2020 : Marie Poupée, La Traque, Génération Proteus, La Longue Nuit de l'Exorcisme et Phase IV. Grande déception de l'année : Sputnik, film russe vendu comme l'équivalent moderne de Alien et The Thing mais peut-on vraiment espérer concurrencer ces classiques de l'horreur extraterrestre avec une crotte de nez qui marche, toute carnivore soit-elle ? NerdismeSi toi aussi tu t'es dit que dans Raised by Wolves, Marcus et sa troupe étaient quand même fort pompés du Major Grubert de Moebius, tape dans les mains. Et si t'es journaliste ciné ou bédé, penses aussi écrire un article définitif et assassin sur comment Hollywood pille tranquillou l'univers du dessinateur français (et de Druillet!) depuis maintenant 40 ans. NON-STOP ! De Star Wars aux séries HBO à deux sous ! C'est plus gênant que fascinant... Suite et finMaman : "Je connais bien Moët & Chandon mais je ne vois pas du tout qui est ce Moët & Biusse, ni en quoi ce serait si important que ça que ce Marcus pompe un Major, car c'est sa vie privée après tout et tu vas quand même pas écrire pour Closer, non ? Enfin, pourquoi pas ? D'ailleurs, si ça peut te faire des sous, pourquoi tu l'écrirais pas toi-même, cet article ? Tu sais, à ton âge, il serait quand même temps que tu te trouves un vrai..."Moi : "Oui, oui, Mams ! On verra, on verra ! Allez, bonne année et bonne santé à toutes et tous !