Si Wonder Woman n'est pas, loin s'en faut, la première super-héroïne à tenter la conquête de Hollywood en plus de sauver le monde, son avènement, dûment acté par un box-office triomphant et la promesse, déjà, d'un second épisode de ses aventures à l'horizon 2020, consacre une évolution sensible dans le paysage des blockbusters. Trop longtemps ravalées au rang de faire-valoir de leurs mâles partenaires, voire à celui d'accessoires sexy, les femmes dictent désormais régulièrement leur loi au cinéma d'action, stars de juteuses franchises comme Katniss Everdeen/Jennifer Lawrence dans The Hunger Games, ou icônes de comics à l'instar de celle qu'incarne avec bonheur Gal Gadot dans le film de Patty Jenkins -une réalisatrice, tout sauf un hasard.
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Si Wonder Woman n'est pas, loin s'en faut, la première super-héroïne à tenter la conquête de Hollywood en plus de sauver le monde, son avènement, dûment acté par un box-office triomphant et la promesse, déjà, d'un second épisode de ses aventures à l'horizon 2020, consacre une évolution sensible dans le paysage des blockbusters. Trop longtemps ravalées au rang de faire-valoir de leurs mâles partenaires, voire à celui d'accessoires sexy, les femmes dictent désormais régulièrement leur loi au cinéma d'action, stars de juteuses franchises comme Katniss Everdeen/Jennifer Lawrence dans The Hunger Games, ou icônes de comics à l'instar de celle qu'incarne avec bonheur Gal Gadot dans le film de Patty Jenkins -une réalisatrice, tout sauf un hasard. Toute règle supportant des exceptions, elles sont quelques-unes, issues des galaxies Marvel ou DC Comics, mais aussi d'ailleurs -on pense, par exemple, à la sémillante Barbarella, importée de l'univers de Jean-Claude Forest, mais aussi, par extension, à une Mary Poppins aux pouvoirs enchanteurs, ou encore, en mode parodique, à la G-Girl que campait Uma Thurman dans My Super Ex-Girlfriend- à s'être, au fil du temps, employées à déblayer le terrain, contestant l'hégémonie masculine présidant généralement aux films de super-héros. Pour s'y brûler le plus souvent les ailes, si l'on considère, par exemple, les envolées bien vite oubliées d'une Supergirl apparue sur les écrans au mitan des années 80 sous les traits d'Helen Slater, et dont les tentatives pour faire de l'ombre à son cousin Superman, jupette rouge plutôt que collants en lycra bleu, étaient il est vrai vouées à l'échec. Ou, plus près de nous, celles guère plus concluantes -euphémisme!- d'Elektra (2005) ou de Catwoman (2003), ni Jennifer Garner, ni Halle Berry ne pouvant éviter le naufrage à leur personnage, dont les aventures en solo devraient rester sans lendemain (au cinéma s'entend, et même si Anne Hathaway rendra des couleurs à Catwoman dans The Dark Knight Rises). Le genre de ratages à répétition à vous condamner un sous-genre dans l'esprit des décideurs hollywoodiens. Il faudra attendre plus de dix ans pour voir une super-héroïne supporter seule, ou peu s'en faut, la charge d'un blockbuster inspiré d'un comic book. Elektra et Catwoman n'en étaient pourtant pas à leur coup d'essai, étant apparues, la première, au côté de Daredevil dans le film éponyme de Mark Steven Johnson (2003); la seconde, incarnée alors par Michelle Pfeiffer, dans l'épatant Batman Returns de Tim Burton (1992). Rares à bénéficier de leur propre film (et a fortiori d'une franchise à leur nom), les super-héroïnes se sont en effet multipliées sur les écrans à mesure que les studios étaient en passe de DC/marvelisation, intégrant les castings choraux prévalant dans ce type d'aventures. Elles sont ainsi plusieurs à avoir milité au sein du collectif de super-héros des X-Men, lequel accueillit, dès son épisode initial, en 2000, les Storm (Halle Berry), Rogue (Anna Paquin) et autre Jean Grey (Famke Janssen), bientôt rejointes par Kitty Pryde (Ellen Page), Jennifer Lawrence succédant pour sa part à Rebecca Romijn dans la peau de la redoutable Mystique au détour de l'un des nombreux épisodes de la saga. Sue Storm (Jessica Alba) compte, elle, parmi les médiocres Fantastic Four (2005), tandis que Gamora (Zoe Saldana) et Nebula (Karen Gillan) sont au nombre des Guardians of the Galaxy (2014), là où Evangeline Lily campe Hope van Dyne dans Ant-Man (2015), et Margot Robbie, Harley Quinn dans la Suicide Squad (2016). Et l'on en oublie, comme la multi-récidiviste Black Widow, omniprésente sur les écrans -elle est interprétée par Scarlett Johansson, ceci expliquant peut-être cela-, de Iron Man 2 à The Avengers et jusqu'à Captain America. Série(s) toujours en cours, dès lors qu'Hollywood a décidé d'exploiter le filon des super-héro(ïne)s jusqu'à plus soif, prequels, sequels et mashup à l'appui. Mais pas au point toutefois, signe que les idées reçues et les stéréotypes ont la vie dure, de consacrer un film propre à la Veuve Noire...C'est dire la petite révolution que représente aujourd'hui Wonder Woman, un projet à l'accouchement difficile, puisque son origine remonte à 1996, lorsque Ivan Reitman avait été pressenti pour porter les aventures de l'emblématique héroïne DC à l'écran. Vingt ans plus tard, la princesse amazone vient démontrer qu'un film d'action emmené par une femme est viable économiquement -on peut parler de carton, avec ses 235 millions de dollars de recettes aux USA en dix jours d'exploitation, tout en imprimant un certain renouveau, et même une coloration féministe, à un genre qui en avait bien besoin. Les héros testostéronés au rebut? Voire: outre The Hunger Games, une saga comme Divergent, conduite par Shailene Woodley, mais encore le Mad Max: Fury Road, de George Miller, où Charlize Theron rabaissait Tom Hardy au rang de comparse en quelque juste retour des choses, annonçaient à leur façon l'avènement présent et à venir des wonder women. Une brèche dans laquelle ne manqueront pas de s'engouffrer les adaptations de comics. La Diana de Wonder Woman ne devrait bientôt plus être seule à boxer dans sa catégorie, puisque l'on annonce, à l'horizon 2019, le premier volet des aventures de Captain Marvel, qu'interprétera l'excellente Brie Larson (oscarisée pour Room), alors que Harley Quinn/Margot Robbie dominera la distribution exclusivement féminine de Gotham City Sirens -un titre valant mieux que de longs discours. Et le signe, qui sait, de la féminisation en marche de Hollywood, ce qui ne serait pas le plus mince exploit de ces super-héroïnes nouvelle génération...