En 2015, Christine Angot raconte dans Un amour impossible le non-couple formé par son père, dandy bourgeois doublé d'un pervers narcissique, et sa mère, provinciale à la trajectoire sacrifiée marquée par son combat pour faire reconnaître sa fille -jusqu'à la tragédie suprême, cet inceste qu'Angot a déjà plusieurs fois évoqué dans ses romans mais qu'elle envisage cette fois sous l'angle nouveau d'un violent rejet de classe sociale. Aujourd'hui porté à l'écran par Catherine Corsini (La Nouvelle Ève, Trois mondes), ce portrait de femme blessée vibre de l'intensité, et de la manifeste implication, de Virginie Efira, décidément aussi inspirante qu'inspirée depuis sa mue auteuriste. De passage au récent FIFF namurois, elle s'en explique: "Ce que j'aimais dans le livre et qui m'a donné envie de faire le film, c'est cette démarche d'essayer de comprendre ce qui s'est passé et de donner peut-être les moyens à sa mère de pouvoir vivre avec ça. Rachel, la mère d'Angot, est une femme d'origine juive, issue d'une classe sociale modeste. C'est quelqu'un de bien. Mais parfois trop d'égards tue l'amour. Dans sa relation avec cet homme très cultivé...