> Notre démarche: 100 notes d'un indispensable espoir dans une année de m...
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Certes, en l'absence presque totale de sorties de blockbusters à même de remplir leurs salles XXL, les multiplexes ont logiquement souffert. Esseulé dans son statut ingrat et quasi messianique de sauveur tout désigné du cinéma, le Tenet de Christopher Nolan n'y a pas pu grand-chose. Mais les salles d'art et essai, au cadre plus humain et généreusement approvisionnées en nouveautés documentaires et auteuristes de qualité, ont parfois fait bien mieux que garder la tête hors de l'eau. Au Kinograph à Ixelles, par exemple, salle monoécran au fonctionnement coopératif, on a, entre la réouverture post-première vague du 1er juillet et la refermeture pré-deuxième vague du 26 octobre, enquillé les séances complètes où il a souvent fallu refuser du monde. Ce désir fort de cinéma et de partage autour des films s'est aussi fait ressentir avec enthousiasme du côté du cinéma Galeries, parmi d'autres, dans le centre de Bruxelles, où, malgré le protocole de distanciation imposant des jauges réduites, le public n'a cessé de montrer qu'il avait envie de l'expérience de la salle et du grand écran. Même constat à Liège et à Namur pour Les Grignoux, où le port pénible du masque durant les projections et le climat incertain n'ont pas suffi à décourager les cinéphiles. Dans chacun de ces endroits clés, le succès des séances encadrées par des discussions et des invités ont prouvé que la salle de cinéma reste un lieu déterminant de rencontre et d'échange. De quoi, assurément, faire taire les fossoyeurs aveugles et imbéciles du 7e art qui, entre sévère crise sanitaire et montée en flèche de la SVOD, semblent vouloir jouir du plaisir infondé de proclamer la fin prochaine des salles d'exploitation au profit exclusif de la petite expérience solitaire de salon: non le cinéma n'est pas mort, il reviendra encore plus fort!