Un film, Le Fils de Saul, a suffi à imposer László Nemes parmi les cinéastes incontournables de sa génération, le Grand Prix du festival de Cannes 2015, bientôt suivi de l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, couronnant un talent insolent qu'avaient salué des commentaires dithyrambiques. Trois ans plus tard, l'accueil fait par la Mostra de Venise à son deuxième long métrage, Sunset, est sensiblement plus réservé, et c'est un réalisateur quelque peu sur la défensive que l'on rencontre au Lido... "On peut voir le film comme la répétition d'une même scène, mais de manières différentes. Je l'ai conçu de façon semi-consciente, comme si je voulais représenter le mouvement des planètes dans l'espace, leur révolution suivant une chorégraphie oscillant entre lumière et ténèbres, qui correspond à la quête du personnage central tentant de trouver sa voie dans son labyrinthe personnel et celui induit par la situation. Pour moi, Sunset est une sorte de danse intégrant beauté et absence d'espoir, mais aussi des impressions éprouvées à la lecture de ...