Hier, aujourd'hui et demain: Sophia Loren n'a pas eu à aller chercher bien loin pour titrer son autobiographie, puisant dans son abondante filmographie et l'une de ses plus mémorables collaborations avec Vittorio De Sica. La star italienne s'y effeuillait, irrésistible, sous le regard de Marcello Mastroianni, dans une scène élevée depuis au rang de mythe, et que le duo devait d'ailleurs reproduire, quelque 30 ans plus tard, devant la caméra de Robert Altman, pour Prêt-à-porter. Elle se dévoile ici non moins généreusement, sortant de son coffre aux secrets des souvenirs où s'entremêlent la vraie vie et celle des étoiles.
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Hier, aujourd'hui et demain: Sophia Loren n'a pas eu à aller chercher bien loin pour titrer son autobiographie, puisant dans son abondante filmographie et l'une de ses plus mémorables collaborations avec Vittorio De Sica. La star italienne s'y effeuillait, irrésistible, sous le regard de Marcello Mastroianni, dans une scène élevée depuis au rang de mythe, et que le duo devait d'ailleurs reproduire, quelque 30 ans plus tard, devant la caméra de Robert Altman, pour Prêt-à-porter. Elle se dévoile ici non moins généreusement, sortant de son coffre aux secrets des souvenirs où s'entremêlent la vraie vie et celle des étoiles. L'on n'attend pas nécessairement des acteurs de la grande littérature; les voir embraser l'écran suffit largement. Et c'est en toute simplicité que Sophia Loren, née Sofia Scifolone, retrace son existence, du jour où elle décida de quitter le Pozzuoli de son enfance, armée de sa volonté de "plonger dans une mer plus vaste. Et tant pis si je ne savais pas nager." Si l'on n'échappe pas aux inévitables couplets sur les enfants, petits-enfants, et l'on en passe, tant il est vrai que la famille est une valeur cardinale pour la Loren (que Cary Grant, son partenaire dans Orgueil et passion, accueillit, facétieux, sur un "Miss Loloren, I presume? Or is it Miss Lorenigida", allusion, bien sûr, à la rivalité entretenue par la presse entre celles que l'on baptisa aussi "les plantureuses"), l'intérêt du livre est ailleurs. Dans ces arrêts sur images qui la virent passer de la pizzaiola en noir et blanc de L'Or de Naples à la poissonnière en couleurs de Pain, amour, ainsi soit-il; de La Diablesse en collant rose de Cukor à La Comtesse de Hong Kong pour Chaplin, sans oublier les Ciociara ou autre Journée particulière qui composent un parcours d'exception. Mais aussi, dans le portrait en creux de l'Italie qui s'invite entre les lignes -ainsi lorsqu'elle s'étend sur l'impact du roman-photo, dont elle fut l'une des reines, dans la société transalpine de l'après-guerre. Ou lorsqu'elle revient sur la saga, rocambolesque, de son mariage à l'italienne, celui avec Carlo Ponti s'entend, au coeur d'un imbroglio juridique qui laisse rêveur. Héritier d'une dynastie d'acteurs fondée en 1829, fils de Pierre Brasseur et Odette Joyeux (et par ailleurs filleul d'Ernest Hemingway!), Claude Brasseur a, pour sa part, choisi la formule de l'entretien pour rassembler ses souvenirs. Il se livre sans langue de bois à Jeff Domenech dans Merci!, évoquant notamment une carrière dénuée de plan apparent qui l'a vu consacré acteur populaire à la faveur de Vidocq et autres comédies d'Yves Robert dans les années 70. Mais aussi musarder du côté de chez Godard (Bande à part) ou Dominique Cabrera (De l'autre côté de la mer), parmi d'autres vies, dont l'une devait faire de lui un membre de l'équipe de France de bobsleigh. Ce qui situe le bonhomme, affranchi et pas star pour un sou, sans qu'il en tire d'ailleurs une quelconque vanité. Vrai, en un mot.