La première fois que j'ai vu Picnic at Hanging Rock (Peter Weir, 1975), je devais avoir quinze ans. Internet n'existait pas: on allait louer des VHS à La Médiathèque du Passage 44 (by the way, je vous invite à signer la pétition cherchant à sauver le service de prêt de PointCulture) et on se les matait le mercredi après-midi sur un gros Betamax, à plusieurs, sans les parents. C'était au milieu des années 80 et tout ce qui sortait d'Australie était alors vraiment plus chaud qu'un koala tombé sur un barbecue. Les films, surtout, nous semblaient extrêmement bizarres, donc excitants: Razorback, une trasherie avec un sanglier géant réalisée par le type qui faisait les vidéos de Duran Duran. Harlequin, un thriller où aurait dû jouer David Bowie mais comme il n'a finalement pas voulu, on l'a remplacé par un acteur qui joue David Bowie jouant à un guérisseur mêlé à une conspiration politique. Patrick, un film tout en tensions alors que le personnage principal ne quitte jamais son lit. Long Weekend, un truc hyper angoissant avec juste un couple dysfonctionnel, la plage, un gros phoque mort et, en guise de climax, une attaque de mouette. Et puis aussi Picnic à Hanging Rock donc, mystère filmé comme une peinture romantique mouvante, "un dramatique déjeuner sur l'herbe", comme l'a écrit le journal suisse Le Temps. Celui-là était d'autant plus bizarre que son his...