Le réalisateur de La grande bellezza et Youth y met en scène l'avènement de Pie XIII (Jude Law, impeccable), le premier Pape américain de l'Histoire, un homme jeune et avenant à la personnalité complexe et aux intentions ambiguës. Et qui, à peine entré en fonction, va secouer l'institution l'ayant élu contre toute attente (mais pas sans arrière-pensées), défiant la Curie dans ce qui prend l'apparence d'un retour aux fondamentaux. De quoi, en tout état de cause, attiser bientôt les luttes intestines...

S'ouvrant sur un plan somptueux valant signature, vision du Souverain pontife émergeant d'un monceau de nourrissons dans le plus simple appareil sur la place Saint-Marc de Venise, The Young Pope déploie bientôt son esthétique baroque dans une Cité du Vatican que Sorrentino, créateur de la série en plus de la mettre en scène, arpente avec gourmandise.

La mise en scène est somptueuse, elle sert idéalement un propos à l'audace mesurée, faisant son miel des contradictions et autres tensions internes de l'institution, et naviguant avec bonheur entre trivial et spirituel - l'une des marques de l'auteur, qui y ajoute pour le coup une bonne dose d'ironie, chaque audience papale constituant, à cet égard, un pur régal.

Autant dire que l'on est curieux de découvrir la suite d'une série dont les deux premiers épisodes, où l'on retrouve encore Diane Keaton, Cécile de France ou l'épatant Silvio Orlando, sont plus que prometteurs, non sans laisser en suspens nombre de questions...