The Lost City of Z, son précédent opus, voyait James Gray, cinéaste intimiste par excellence, se tourner vers le cinéma d'aventures. Avec Ad Astra, le cinéaste new-yorkais se frotte aujourd'hui à la science-fiction, dans un film où quête personnelle et odyssée spatiale ne font bientôt qu'une. L'action se situe dans un futur proche, alors que la survie-même de l'humanité e...

The Lost City of Z, son précédent opus, voyait James Gray, cinéaste intimiste par excellence, se tourner vers le cinéma d'aventures. Avec Ad Astra, le cinéaste new-yorkais se frotte aujourd'hui à la science-fiction, dans un film où quête personnelle et odyssée spatiale ne font bientôt qu'une. L'action se situe dans un futur proche, alors que la survie-même de l'humanité est menacée par d'étranges phénomènes. Contexte miné dans lequel Roy McBride (Brad Pitt), un astronaute américain, se voit confier une mission ultra secrète: rejoindre l'orbite de Neptune pour tenter de renouer le contact avec son père Clifford (Tommy Lee Jones), parti à la recherche de traces d'intelligence extraterrestre quelque trente ans plus tôt dans le cadre du projet Lima, et porté disparu depuis. Et d'embarquer pour une expédition truffée de dangers, qui le conduira de la Lune et Mars, avant-postes humains dans la galaxie, vers l'infini. Ad Astra est un hybride curieux, film à double spectre où le récit intime, questionnant la relation entre un fils et un père absent, sert une ambition métaphysique, moteur d'un film de science-fiction d'inspiration toute conradienne. Suivant les attentes que l'on place dans l'entreprise, on la qualifiera de semi-réussite ou de demi-échec: si le coeur de l'histoire reste du pur James Gray, le réalisateur peine à mettre ses intentions en forme, apparaissant peu à son affaire dans les scènes d'action, et ne faisant pas l'économie d'invraisemblances et autres trous noirs (l'un d'eux semblant d'ailleurs avoir aspiré Liv Tyler). Le film n'en est pas moins traversé de fulgurances, jusqu'à tutoyer la grâce par endroits, et l'oeuvre, pour être à certains égards bancale, n'en apparaît pas moins fascinante et inépuisable...