Clap 9e pour les Magritte, lancés en 2011 afin de promouvoir la richesse et la diversité du cinéma francophone belge, et lui donner un surcroît de visibilité. Une manifestation ayant le plus souvent consacré des valeurs sûres, les Jaco Van Dormael, Bouli Lanners, Joachim Lafosse et autres frères Dardenne notamment. Ou encore Stéphane Aubier et Vincent Patar, qui présenteront la cérémonie 2019 (aux côtés d'Alex Vizorek), où sera désigné le successeur de InSyriated, de Philippe Van Leeuw. Deux films font figure de favoris: Nos batailles, de Guillaume Senez, et Girl, de Lukas Dhont, le film... flamand arrivant en tête des nominations (9) à égalité avec Tueurs, de François Troukens et Jean-François Hensgens. L'exception belge sans doute, à laquelle s'en ajoute une autre: les Magritte sont désormais ouverts au vote du public (mais pas de la critique), cent cinéphiles ayant été invités à rejoindre les 850 professionnels de l'Académie Delvaux, histoire sans doute d'atténuer les effets du copinage. Tendances.
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Clap 9e pour les Magritte, lancés en 2011 afin de promouvoir la richesse et la diversité du cinéma francophone belge, et lui donner un surcroît de visibilité. Une manifestation ayant le plus souvent consacré des valeurs sûres, les Jaco Van Dormael, Bouli Lanners, Joachim Lafosse et autres frères Dardenne notamment. Ou encore Stéphane Aubier et Vincent Patar, qui présenteront la cérémonie 2019 (aux côtés d'Alex Vizorek), où sera désigné le successeur de InSyriated, de Philippe Van Leeuw. Deux films font figure de favoris: Nos batailles, de Guillaume Senez, et Girl, de Lukas Dhont, le film... flamand arrivant en tête des nominations (9) à égalité avec Tueurs, de François Troukens et Jean-François Hensgens. L'exception belge sans doute, à laquelle s'en ajoute une autre: les Magritte sont désormais ouverts au vote du public (mais pas de la critique), cent cinéphiles ayant été invités à rejoindre les 850 professionnels de l'Académie Delvaux, histoire sans doute d'atténuer les effets du copinage. Tendances. On y verra, le cas échéant, une nouvelle expression d'un surréalisme décidément mis à toutes les sauces: c'est un film flamand, excellent au demeurant, Girl, de Lukas Dhont, qui comptabilise le plus de nominations aux trophées du cinéma francophone belge, neuf au total. Mais, subtilité du règlement, le lauréat de la Caméra d'or lors du dernier festival de Cannes ne peut curieusement concourir ni au titre de meilleur film ni à celui de meilleur réalisateur, et pas même dans la catégorie du premier film. Pas de razzia annoncée donc, même si on voit mal le Magritte du meilleur film flamand lui échapper (il a pour concurrents Niet schieten, de Stijn Coninx, Patser, d'Adil El Arbi et Bilall Fallah, et Un ange, de Koen Mortier), à quoi il pourrait/devrait en ajouter quelques autres dont, pourquoi pas, celui du meilleur acteur pour l'épatant Victor Polster, voire du meilleur second rôle pour Arieh Worthalter, que pourrait venir compléter une brassée de distinctions techniques... Si les Magritte ont souvent donné l'impression de repasser les plats (Bouli Lanners et Jaco Van Dormael ont signé à deux reprises le doublé meilleur film - meilleur réalisateur, et on vous parle par ailleurs des comédiens alignant les nominations), le millésime 2019 aura un petit parfum d'inédit, côté metteurs en scène en tout cas. Jamais couronnés auparavant, Olivier Meys (Bitter Flowers), Hélène Cattet et Bruno Forzani (Laissez bronzer les cadavres), Guillaume Senez (Nos batailles) et François Troukens et Jean-François Hensgens (Tueurs) sont en effet les candidats au trophée, rejoints par François Damiens et Mon ket dans la course au Magritte du meilleur film. Récompensé dans la catégorie du meilleur premier film en 2017 pour Keeper, Guillaume Senez part avec l'étiquette de favori objectif, l'impeccable Nos batailles, avec un Romain Duris souverain, ayant rallié les suffrages tant du public que de la critique - "un film à ne pas manquer", pouvait-on lire dans Focus Vif lors de sa sortie.Les Magritte, c'est un peu le règne de l'entre-soi. S'il fallait en douter, un simple coup d'oeil aux catégories dévolues aux meilleures actrices et à leurs homologues masculins suffirait à s'en convaincre. A elles quatre, Yolande Moreau, Cécile de France, Lubna Azabal et Natacha Régnier, en lice en 2019, totalisaient treize nominations lors des éditions précédentes, dont trois couronnées de succès (Incendies et La Marche, pour Lubna Azabal; Camille redouble, pour Yolande Moreau). Quant à Benoît Poelvoorde, Olivier Gourmet et François Damiens, rejoints par la révélation Victor Polster, ils totalisaient seize nominations, n'ayant transformé l'essai qu'à deux reprises (Olivier Gourmet pour L'Exercice de l'Etat en 2013 et Benoît Poelvoorde pour Une place sur terre, l'année suivante). Et encore, on ne compte pas ici Bouli Lanners (six nominations comme comédien, pour un Magritte à la faveur de De rouille et d'os), repris comme toujours, mais au titre de meilleur acteur dans un second rôle...C'est le running gag de la manifestation, à moins qu'il ne faille y voir un malentendu plus profond: en huit éditions, François Damiens n'a jamais obtenu le moindre Magritte, premiers et seconds rôles confondus. Ce n'est pas faute d'avoir essayé pourtant, l'acteur ayant été nominé à sept reprises, depuis L'Arnacoeur, en 2011. Mais pas plus Tango Libre que Je fais le mort, Suzanne, La Famille Bélier, Les Cowboys ou Otez-moi d'un doute n'ont pu fédérer les votes des membres de l'Académie Delvaux autour de sa prestation. 2019 sera-t-elle enfin son année? Afin de mettre toutes les chances de son côté, François Damiens a ajouté à sa casquette de comédien celle de réalisateur, signant avec Mon ket son premier long métrage. Si le film en caméra cachée a cartonné dans les salles, pas sûr cependant qu'il transforme l'essai sur le tapis bleu des Magritte, n'ayant récolté que trois nominations: meilleur film, meilleur espoir masculin pour Matteo Salamone et meilleur acteur, sait-on jamais...Aux Oscars comme aux César, le lien entre meilleur film et meilleur réalisateur est loin d'être automatique. Ainsi, en 2017, lorsque Moonlight, de Barry Jenkins, avait glané l'Oscar du meilleur film, Damien Chazelle repartant avec celui de la mise en scène pour LaLaLand. Ou en 2016 aux César, quand Arnaud Desplechin avait été sacré meilleur réalisateur pour Trois souvenirs de ma jeunesse tandis que Fatima, de Philippe Faucon, remportait le trophée du meilleur film. Rien de cela aux Magritte, où les deux font toujours la paire, postulat vérifié avec Jaco Van Dormael pour Mr. Nobody, Bouli Lanners pour Les Géants, Joachim Lafosse pour A perdre la raison, Stéphane Aubier et Vincent Patar pour Ernest et Célestine, Jean-Pierre et Luc Dardenne pour Deux jours, une nuit, Jaco Van Dormael encore pour Le Tout Nouveau Testament, Bouli Lanners à nouveau pour Les Premiers, les derniers et Philippe Van Leeuw pour InSyriated. Autant dire que François Damiens pourrait bien repartir une nouvelle fois bredouille...