Ancien critique passionné de politique, auteur de courts aux titres éloquents (Le Jour où Ségolène a gagné, La République, Agit Pop), Nicolas Pariser signait il y a quatre ans déjà un premier long métrage, Le Grand Jeu, où Melvil Poupaud incarnait un écrivain largué que sa rencontre fortuite avec une éminence grise conduisait au carrefour de nombreux mystères. Évoquant la surveillance dont les groupuscules contestataires peuvent faire l'objet, ce thriller politico-romanesque atypique, prix Louis-Delluc 2015 en France, installait son intrigue et ses personnages comme on dispose des pièces sur un grand échiquier. Plus affirmé, moins opaque, Alice et le maire procède aujourd'hui d'une façon comparable. Dans un premier temps, du moins. Soit, au coeur des préoccupations plus ou moins routinières qui agitent les élus de la ville de Lyon, la rencontre étonnante entre son maire, Paul Théraneau, homme pressé et à court d'inspiration, et une jeune philosophe, Alice Heimann, engagée pour le stimuler intellectuellement. D'abord difficile, le dialogue qui se noue entre eux ne va pas manquer de les rapprocher, ébranlant peu à peu les certitudes de l'un et les habitudes de l'autre...
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