Il y avait bien le précédent Gilles Jacob, qui levait un coin du voile sur les coulisses du festival de Cannes dont il était à l'époque le président dans La vie passera comme un rêve, ses mémoires publiés en 2009. Jamais, cependant, en 70 ans d'histoire de la manifestation, l'homme présidant à la Sélection officielle n'avait publié son journal de bord. C'est aujourd'hui chose faite avec ce volumineux ouvrage que l'on doit à Thierry Frémaux, en poste depuis 2007 (après avoir été le délégué artistique du festival à partir de 2001), et qui s'est livré à l'exercice, de la clôture de Cannes 2015 à celle de l'édition suivante. En résulte un document d'exception, dont les pages débordent d'une passion dont le cinéma n'a pas l'exclusivité, cette bible à l'attention des cinéphiles et autres curieux se doublant, dans les marges, de l'autoportrait d'un homme que l'on ne saurait mieux décrire que sous les traits d'un boulimique de l'existence.
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