Mythique. Mutique. John Rambo revient 37 ans après le (très bon) film inaugural de Ted Kotcheff. Le vétéran du Viêtnam avance à cheval dans une forêt de montagne que dévaste une tempête terrifiante. Il y sauve une jeune fille, mais ne peut empêcher la mort des parents. Et reviennent les regrets, la culpabilité de n'avoir pas pu ou su sauver tout le monde, comme à l'époque de cette maudite guerre qui ne cesse de le tourmenter, de faire de lui un paria se bourrant de médicaments et s'entourant d'armes en tout genre... Le ton est donné d'emblée. Il est à l'amertume, que vient heureusement tempérer la présence de Gabrielle, la nièce de Rambo, sur laquelle il a veillé depuis son enfance. Quand "Gabri", partie retrouver son père au Mexique, tombera dans un guet-apens faisant d'elle la proie d'un réseau de prostitution, le sang de Rambo ne fera qu'un tour...

On aurait voulu aimer ce nouvel épisode de la saga mettant en vedette un Sylvester Stallone qui ressemble de plus en plus à sa marionnette des Guignols de l'info. Mais il n'a rien d'aimable, se complaisant dans un déluge de violence vengeresse qui célèbre les armes et le noir plaisir de tuer. Les Mexicains sont tous présentés comme cruels, perfides, lâches, corrompus, drogués et alcooliques, violeurs et assassins. La vision au premier degré de Rambo: Last Blood pousserait le plus accueillant des Démocrates de gauche à aller aider à la construction du mur de Trump... L'amertume du héros devient ainsi progressivement la nôtre, devant un spectacle carrément consternant. Il nous reste heureusement Rocky, enfin Creed désormais...

D'Adrian Grunberg. Avec Sylvester Stallone, Paz Vega, Sergio Peris-Mencheta. 1h40. Sortie: 25/09. °