Minnie Goetze est heureuse. Pour la toute première fois, elle a fait l'amour. Et elle brûle de le confier, sans trop bien savoir à qui. Car elle n'a que quinze ans, pas vraiment de copines, et que le dire à sa mère serait carrément impossible, pour la simple et excellente raison que le compagnon de cette dernière est l'homme qui l'a déflorée! Alors Minnie choisit de commencer un journal intime, enregistré sur cassettes audio car nous sommes dans les années 70, à San Francisco, à l'heure de bouleversements qui dépassent la seule destinée d'une gamine au physique un peu ingrat et au talent singulier pour le dessin...

Marielle Heller adapte avec bonheur le roman graphique de Phoebe Gloeckner, une bédé que lui avait offert sa petite soeur et dont lui ont plu tant l'esprit que le trait. Dans une approche évoquant celle, également piquante et juste, du Ghost World de Terry Zwigoff d'après Daniel Clowes, la réalisatrice sertit des dialogues laconiques façon "bulles" (phylactères) dans une mise en images trouvant la juste distance entre l'intime et la satire sociale. Des séquences animées, où prennent vie les croquis de la jeune héroïne, viennent rythmer une chronique à la fois bien ancrée dans ces si particulières "seventies", et riche de résonances encore très actuelles. Dans le rôle de Minnie, tout sauf facile à rendre dans sa complexité, Bel Powley fait merveille. Son interprétation originale, drôle et touchante à la fois, fait beaucoup pour la réussite d'un film digne du meilleur cinéma indépendant made in USA.

De Marielle Heller. Avec Bel Powley, Alexander Skarsgârd, Kristen Wiig. 1h42. Sortie: 21/10.

Minnie Goetze est heureuse. Pour la toute première fois, elle a fait l'amour. Et elle brûle de le confier, sans trop bien savoir à qui. Car elle n'a que quinze ans, pas vraiment de copines, et que le dire à sa mère serait carrément impossible, pour la simple et excellente raison que le compagnon de cette dernière est l'homme qui l'a déflorée! Alors Minnie choisit de commencer un journal intime, enregistré sur cassettes audio car nous sommes dans les années 70, à San Francisco, à l'heure de bouleversements qui dépassent la seule destinée d'une gamine au physique un peu ingrat et au talent singulier pour le dessin...Marielle Heller adapte avec bonheur le roman graphique de Phoebe Gloeckner, une bédé que lui avait offert sa petite soeur et dont lui ont plu tant l'esprit que le trait. Dans une approche évoquant celle, également piquante et juste, du Ghost World de Terry Zwigoff d'après Daniel Clowes, la réalisatrice sertit des dialogues laconiques façon "bulles" (phylactères) dans une mise en images trouvant la juste distance entre l'intime et la satire sociale. Des séquences animées, où prennent vie les croquis de la jeune héroïne, viennent rythmer une chronique à la fois bien ancrée dans ces si particulières "seventies", et riche de résonances encore très actuelles. Dans le rôle de Minnie, tout sauf facile à rendre dans sa complexité, Bel Powley fait merveille. Son interprétation originale, drôle et touchante à la fois, fait beaucoup pour la réussite d'un film digne du meilleur cinéma indépendant made in USA.