On trouve, au coeur de Spotlight, le nouveau film de Tom McCarthy (The Visitor), une enquête conduite, au début des années 2000, par le pool d'investigation du Boston Globe autour d'une affaire de pédophilie; un travail rigoureux qui devait déboucher sur un scandale d'une ampleur sans précédent au sein de l'Eglise catholique américaine.

Le sujet est sensible et brûlant; il déborde par ailleurs largement du seul cadre bostonien, comme le soulignent éloquemment le générique final, mais encore le récent El Club, de Pablo Larrain. McCarthy l'aborde à l'abri de tout sensationnalisme, à quoi il préfère la reconstitution, réaliste et passionnante, du travail patient et minutieux d'une équipe de journalistes (baptisée Spotlight) semblant sortie tout droit d'une autre époque -on pense forcément à All the President's Men, le classique d'Alan J. Pakula. Si le rapprochement entre les deux films s'impose, ce n'est toutefois pas seulement parce qu'on y trouve un même éloge d'une profession souvent décriée; thriller dense, Spotlight évoque aussi par son intelligence d'écriture, son ambition, sa maturité et sa sobriété un cinéma américain tel qu'il se pratiquait dans les années 70. Porté par l'interprétation solide des Mark Ruffalo, Michael Keaton, Rachel McAdams ou autre Stanley Tucci, ce film choral impose sa discrète puissance pour laisser une empreinte profonde sur le spectateur. En un mot comme en cent, magistral.

DE TOM MCCARTHY. AVEC MARK RUFFALO, MICHAEL KEATON, RACHEL MCADAMS. 2H08. SORTIE: 03/02.

Dans le Focus du 29 janvier, les interviews de Mark Ruffalo et Tom McCarthy.

On trouve, au coeur de Spotlight, le nouveau film de Tom McCarthy (The Visitor), une enquête conduite, au début des années 2000, par le pool d'investigation du Boston Globe autour d'une affaire de pédophilie; un travail rigoureux qui devait déboucher sur un scandale d'une ampleur sans précédent au sein de l'Eglise catholique américaine. Le sujet est sensible et brûlant; il déborde par ailleurs largement du seul cadre bostonien, comme le soulignent éloquemment le générique final, mais encore le récent El Club, de Pablo Larrain. McCarthy l'aborde à l'abri de tout sensationnalisme, à quoi il préfère la reconstitution, réaliste et passionnante, du travail patient et minutieux d'une équipe de journalistes (baptisée Spotlight) semblant sortie tout droit d'une autre époque -on pense forcément à All the President's Men, le classique d'Alan J. Pakula. Si le rapprochement entre les deux films s'impose, ce n'est toutefois pas seulement parce qu'on y trouve un même éloge d'une profession souvent décriée; thriller dense, Spotlight évoque aussi par son intelligence d'écriture, son ambition, sa maturité et sa sobriété un cinéma américain tel qu'il se pratiquait dans les années 70. Porté par l'interprétation solide des Mark Ruffalo, Michael Keaton, Rachel McAdams ou autre Stanley Tucci, ce film choral impose sa discrète puissance pour laisser une empreinte profonde sur le spectateur. En un mot comme en cent, magistral.