Pour son premier passage derrière la caméra, l'immense comédien américano-danois s'attaque avec justesse et générosité à l'intime dans ce drame au plus près de l'humain. John (Viggo Mortensen) vit avec son mari Eric (Terry Chen) et leur fille Monica à Los Angeles tandis que son père Willis (phénoménal Lance Henriksen), atteint de démence, refuse de quitter la ferme familiale à l'heure où sa santé décline.

En jouant sur les deux époques (l'enfance et l'âge adulte) avec de magnifiques ellipses et ce, au fil des quatre saisons, Falling aborde le prisme des relations père-fils et de la famille dysfonctionnelle mais pas que. Willis, veuf de ses deux femmes, est raciste, homophobe et franchement odieux. Tandis qu'à l'inverse, son fils incarne la famille bien d'aujourd'hui, libérale, au sens américain du terme. Ce conflit de générations offre des joutes verbales de haut vol tantôt drôles, tantôt vachardes, s'appuyant sur un scénario remarquablement écrit. Et malgré le comportement inapproprié de Willis, Mortensen, le réalisateur, parvient à maintenir le spectateur dans une position d'empathie bienvenue. L'heure n'est plus à la colère mais au pardon.

Ce rapport père-fils, métaphore d'une Amérique plus divisée que jamais, pose aussi la question de la gestion par la famille d'un aîné atteint de démence. Tout en renvoyant à notre condition de simple mortel, aux images qu'on emporte avec soi lorsqu'on fait le grand saut et à la responsabilité de devenir un poids potentiel pour sa progéniture lorsque la santé décline.

Photographe passionné, Viggo Mortensen a un sens du cadre précis et aiguisé. Sa mise en scène (avec ses nombreux gros plans) est fluide, épurée et n'est pas sans rappeler celle de Clint Eastwood, excusez du peu. Aucune fausse note non plus chez les comédien(ne)s où émerge Lance Henriksen qui, à 80 balais, signe une prestation "oscarisable". On retiendra aussi de ce Falling lumineux et brillant, un caméo de David Cronenberg, réalisateur fétiche de Mortensen. Ce dernier réussissant haut la main ses premiers pas comme metteur en scène. Vivement la suite!

DRAME. De et avec Viggo Mortensen. Avec aussi Lance Henriksen, Laura Linney. 1h52. Sortie: 14/07. ****

Pour son premier passage derrière la caméra, l'immense comédien américano-danois s'attaque avec justesse et générosité à l'intime dans ce drame au plus près de l'humain. John (Viggo Mortensen) vit avec son mari Eric (Terry Chen) et leur fille Monica à Los Angeles tandis que son père Willis (phénoménal Lance Henriksen), atteint de démence, refuse de quitter la ferme familiale à l'heure où sa santé décline.En jouant sur les deux époques (l'enfance et l'âge adulte) avec de magnifiques ellipses et ce, au fil des quatre saisons, Falling aborde le prisme des relations père-fils et de la famille dysfonctionnelle mais pas que. Willis, veuf de ses deux femmes, est raciste, homophobe et franchement odieux. Tandis qu'à l'inverse, son fils incarne la famille bien d'aujourd'hui, libérale, au sens américain du terme. Ce conflit de générations offre des joutes verbales de haut vol tantôt drôles, tantôt vachardes, s'appuyant sur un scénario remarquablement écrit. Et malgré le comportement inapproprié de Willis, Mortensen, le réalisateur, parvient à maintenir le spectateur dans une position d'empathie bienvenue. L'heure n'est plus à la colère mais au pardon.Ce rapport père-fils, métaphore d'une Amérique plus divisée que jamais, pose aussi la question de la gestion par la famille d'un aîné atteint de démence. Tout en renvoyant à notre condition de simple mortel, aux images qu'on emporte avec soi lorsqu'on fait le grand saut et à la responsabilité de devenir un poids potentiel pour sa progéniture lorsque la santé décline.Photographe passionné, Viggo Mortensen a un sens du cadre précis et aiguisé. Sa mise en scène (avec ses nombreux gros plans) est fluide, épurée et n'est pas sans rappeler celle de Clint Eastwood, excusez du peu. Aucune fausse note non plus chez les comédien(ne)s où émerge Lance Henriksen qui, à 80 balais, signe une prestation "oscarisable". On retiendra aussi de ce Falling lumineux et brillant, un caméo de David Cronenberg, réalisateur fétiche de Mortensen. Ce dernier réussissant haut la main ses premiers pas comme metteur en scène. Vivement la suite!