C'est l'anniversaire de Solange (Catherine Frot). Dans la petite salle des fêtes du village débarque, déjà bien aviné, son frère Bernard, alias Feu-de-Bois (Gérard Depardieu). L'air de la pièce devient irrespirable quand il offre à Solange une broche volée à sa mère avant d'avoir une prise de bec âpre avec son cousin Rabut (Jean-Pierre Darroussin), lourde de sous-entendus à propos de la sale guerre. Celle d'Algérie, où Bernard et Rabut se sont retrouvés embrigadés pendant deux ans en 1960 lorsqu'ils avaient à peine 20 ans. En adaptant et en épousant la forme du roman du même nom de Laurent Mauvignier, Lucas Belvaux s'empare des thèmes de la mémoire, des cicatrices et de la douleur pour un film articulé autour de flash-back entre hier -pour la partie algérienne avec des comédiens jeunes- et aujourd'hui en utilisant la voix off, et gagner ainsi en profondeur et intériorité. Cohérent dans sa filmographie (son dernier long, Chez nous, en 2017, évoquait la montée du Front National), le réalisateur belge signe avec Des hommes un film puissant, grave et utile, à la mise en scène sobre et épurée sur la bêtise crasse d'une guerre mais aussi sur les deux options qui s'imposent chez ceux qui en reviennent: essayer d'oublier tant bien que mal (Rabut) ou ne rien lâcher quitte à devenir acariâtre, raciste et amer (Feu-de-Bois).

DRAME HISTORIQUE. De Lucas Belvaux. Avec Gérard Depardieu, Catherine Frot, Jean-Pierre Darroussin. 1h41. Sortie: 01/09. ****

>> Lire aussi notre interview de Lucas Belvaux.

C'est l'anniversaire de Solange (Catherine Frot). Dans la petite salle des fêtes du village débarque, déjà bien aviné, son frère Bernard, alias Feu-de-Bois (Gérard Depardieu). L'air de la pièce devient irrespirable quand il offre à Solange une broche volée à sa mère avant d'avoir une prise de bec âpre avec son cousin Rabut (Jean-Pierre Darroussin), lourde de sous-entendus à propos de la sale guerre. Celle d'Algérie, où Bernard et Rabut se sont retrouvés embrigadés pendant deux ans en 1960 lorsqu'ils avaient à peine 20 ans. En adaptant et en épousant la forme du roman du même nom de Laurent Mauvignier, Lucas Belvaux s'empare des thèmes de la mémoire, des cicatrices et de la douleur pour un film articulé autour de flash-back entre hier -pour la partie algérienne avec des comédiens jeunes- et aujourd'hui en utilisant la voix off, et gagner ainsi en profondeur et intériorité. Cohérent dans sa filmographie (son dernier long, Chez nous, en 2017, évoquait la montée du Front National), le réalisateur belge signe avec Des hommes un film puissant, grave et utile, à la mise en scène sobre et épurée sur la bêtise crasse d'une guerre mais aussi sur les deux options qui s'imposent chez ceux qui en reviennent: essayer d'oublier tant bien que mal (Rabut) ou ne rien lâcher quitte à devenir acariâtre, raciste et amer (Feu-de-Bois).